OTTAWA — Le «quêtage» des provinces et territoires qui réclament plus de fonds pour le financement en santé doit cesser, tranche Maxime Bernier. Le candidat à la chefferie conservatrice croit avoir trouvé le remède: l’abolition du Transfert canadien en matière de santé (TCS).

Le député de Beauce y est allé de cette proposition lundi, en conférence de presse, alors que les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé se réunissaient à Toronto — la plupart avec l’objectif de réclamer davantage d’argent d’Ottawa.

«Je peux vous faire une prédiction ici aujourd’hui: cette réunion ne va pas résoudre quoi que ce soit», a-t-il soutenu.

«Ce que nous allons voir, c’est un groupe de politiciens qui se chicanent et qui ne sont pas capables de remplir leur responsabilité première, celle de trouver des moyens plus efficaces d’offrir des services de santé de première classe à tous les Canadiens», a-t-il déploré.

La façon d’y parvenir est d’enlever à Ottawa son pouvoir de taxation en matière de santé, en remplaçant le TCS par des points d’impôt d’une valeur équivalente aux provinces, croit Maxime Bernier.

Le gouvernement fédéral pourrait verser aux provinces moins riches une compensation par le biais du programme de péréquation pour éviter qu’un trop grand déséquilibre ne s’installe d’une province à l’autre.

Les provinces cesseront dès lors de «quémander» constamment de l’argent au gouvernement fédéral et de «blâmer» Ottawa pour leur «propre incapacité à résoudre les problèmes» lorsque les listes d’attente s’allongent dans les hôpitaux, a soutenu le député conservateur.

Le gouvernement fédéral, de son côté, doit reconnaître que le système actuel est «dysfonctionnel» et qu’il ne respecte pas la Constitution, la santé étant un champ de compétence provincial, a insisté M. Bernier.

C’est ce qui mène à des «chicanes» comme celle qui risque d’éclater à Toronto — le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, dit s’attendre à ce que les provinces fassent front commun devant la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott.

Le député Bernier a par ailleurs dit partager l’opinion du ministre Barrette, lequel a affirmé dans une entrevue avec La Presse canadienne que le gouvernement libéral pourrait attiser la flamme souverainiste s’il ne se rendait pas aux arguments de Québec.

«Dans un sens, je suis d’accord avec lui, parce que lorsqu’on ne respecte pas la Constitution canadienne, il peut y avoir un impact au Québec en ce sens-là», a-t-il argué.

«Et il a raison de dire que le gouvernement fédéral n’est pas spécialiste dans la livraison des soins de santé au Canada. Les provinces savent mieux qu’un politicien ou un bureaucrate à Ottawa quoi faire pour répondre aux besoins de leurs citoyens», a enchaîné M. Bernier.

Le Bloc québécois, qui s’est élevé contre l’intention des libéraux de suivre le plan du précédent gouvernement conservateur en faisant passer de six à trois pour cent le taux de croissance annuel des paiements du TCS, n’est guère impressionné par le plan Bernier.

«Je pense que M. Bernier est à la veille de couper le parlement. Il coupe tout! Il n’y en aura plus, de gouvernement fédéral. On va arrêter la construction du parlement», s’est exclamé le chef bloquiste Rhéal Fortin en mêlée de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

La ministre Jane Philpott doit rencontrer ses homologues des provinces et des territoires mardi, à Toronto, pour tenter de jeter les bases d’un nouvel accord en matière de financement des soins de santé.

Elle a déjà promis que le TCS serait assorti d’autres enveloppes budgétaires qui seront consacrées à des secteurs en particulier, mais le gouvernement du Québec a prévenu à de maintes reprises qu’il ne veut rien savoir d’un financement avec des conditions.

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