Photo TC Media – Marie-Pascale Fortier Une affiche pour supporter les victimes a été placée à l'entrée du pavillon Alphonse-Marie-Parent.

QUÉBEC — Le recteur de l’Université Laval s’est défendu, mardi, après avoir essuyé des critiques pour son silence à la suite des allégations d’intrusions, suivies de gestes à connotation sexuelle, qui seraient survenues aux résidences de l’établissement, le week-end dernier.

Questionné par les médias lors d’un point de presse donné en compagnie de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, Denis Brière a déclaré que ce n’était «pas le rôle du recteur» de réagir publiquement alors qu’une enquête est en cours sur le campus.

Une série d’au moins neuf intrusions seraient survenues dans des résidences de l’Université Laval dans la nuit du 15 octobre.

Quatre personnes disent avoir été victimes de gestes à connotation sexuelle, selon la police. Les portes des chambres visées n’étaient pas verrouillées ou étaient entrouvertes, elles n’ont pas été défoncées.

À la suite des incidents, l’Université Laval a communiqué avec les médias par le biais de communiqués ou par la bouche de sa porte-parole Andrée-Anne Stewart, et le silence du recteur de l’établissement a été décrié.

M. Brière, qui est recteur depuis 2007, affirme que sa conduite n’est pas différente dans ce dossier que pour toute autre enquête sur des incidents qui se seraient produits sur le campus.

«Lorsqu’il y a enquête, je ne peux pas réagir, ce n’est pas le rôle du recteur, a-t-il insisté. Ça fait partie du protocole d’une enquête et je l’ai toujours respecté. Chaque fois qu’il y a eu une enquête sur le campus, je ne me suis jamais, jamais présenté en face des médias ou publiquement.»

M. Brière, qui admet toutefois qu’il n’est allé sur le campus qu’à «quelques reprises» et non pas tous les jours depuis les incidents allégués, dit avoir choisi de prendre la parole publiquement, mardi, parce que les médias insistaient pour qu’il le fasse.

Denis Brière croit par ailleurs que les efforts doivent être mis sur la prévention de tels incidents, davantage que sur le renforcement de la sécurité.

«Une sécurité, ce n’est jamais à 100 pour cent, jamais. Que vous fassiez n’importe quoi. Même chez vous, il y a des intrusions dans les maisons privées. Il s’agit vraiment de repenser comment on peut sécuriser plus le campus, mais il y a une question de sensibiliser les gens. C’est une question extrêmement importante et ça ne part pas seulement des universités. (…) Il faut sensibiliser, pouvoir éduquer les gens qui arrivent à l’université (pour qu’ils sachent) que des abus sexuels ou des fautes sexuelles comme ça, on ne peut pas tolérer ça», a-t-il dit.

La ministre David abonde dans le même sens et souligne elle aussi l’importance de la prévention pour éviter les agressions sur les campus.

«Si l’université me dit: « Écoutez, on va peut-être avoir besoin de plus d’argent (…), on a identifié des failles dans la sécurité », c’est sûr qu’on sera au rendez-vous au gouvernement pour répondre à ça. Mais je le répète, c’est beaucoup plus large que ça, c’est une question de sensibilisation à la prévention de violences à caractère sexuel et de harcèlement», a-t-elle avancé.

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