TC Media – Robert Côté Mélanie Lemay, Ariane Litalien et Kimberley Marin.

Les femmes derrière le mouvement social Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay, Ariane Litalien et Kimberley Marin, ont dévoilé leurs principales revendications, vendredi, au Campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke. Toutes les trois victimes d’agression sexuelle lorsqu’elles étaient aux études, elles réclament une loi pour encadrer la réponse des institutions postsecondaires lorsque des plaintes de violence sexuelle sont déposées, en plus d’un financement à la hauteur des besoins ciblés par les organismes.

Comme il n’existe aucune loi pour s’assurer que les institutions postsecondaires répondent de façon adéquate aux plaintes de violence sexuelle et qu’il n’existe pas de standard en matière de politiques institutionnelles pour prévenir et répondre à la violence sexuelle sur les campus, le mouvement souhaite rassembler et mobiliser la communauté québécoise autour du problème.

«Il est temps que nous arrêtions de travailler en silo, a d’abord lancé Mélanie Lemay. C’est important de travailler avec tous les acteurs du terrain pour arriver à une solution concrète.»

Ariane Litalien témoigne
Comme les politiques en matière de violences sexuelles varient énormément d’un campus à l’autre, des victimes n’ont aucune façon de tenir leur école responsable en cas d’inaction. Elle-même victime d’agression sexuelle sur le campus de l’Université Harvard, Ariane Litalien estime que «le sentiment de regain de pouvoir et de validation a joué un rôle crucial» dans sa guérison.

«Aux États-Unis, il existe une loi qui force les établissements d’enseignement supérieur à se doter d’une politique en lien avec la violence sexuelle et à tout mettre en œuvre pour que la victime se sente en sécurité, explique-t-elle. Une telle loi n’existe malheureusement pas au Québec à l’heure actuelle.»

Toutefois, tout n’est pas plus rose sur les campus de nos voisins et parfois, les universités américaines manquent à leurs responsabilités, estime la jeune femme.

«Une loi, ce n’est pas toujours assez pour forcer les institutions d’enseignement à bien répondre aux plaintes. Dans mon cas, la direction a failli à sa tâche. Heureusement, il existe également aux États-Unis une infrastructure pour que les victimes puissent porter plainte envers leur institution si celle-ci ne les protège pas. Je méritais qu’on me soutienne et la loi m’a donné raison. Nos revendications ne sont pas seulement une question de bon sens ou de justice; c’est aussi une question d’empathie envers les survivants qui méritent qu’on accorde de l’importante à leurs voix.»

La rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, a mentionné qu’il s’agissait d’un problème de société qui ne pourra se régler sans la mobilisation de tous les secteurs et les milieux. Elle a assuré que de nombreux efforts de sensibilisation et d’éducation étaient déployés sur tous les campus de l’Université de Sherbrooke, mentionnant que ce problème ne concernait pas seulement les initiations, puisqu’«il reste 364 autres jours sur les campus».

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