MONTRÉAL — Sans convention collective depuis plus d’un an et demi, les quelque 1100 avocats et notaires de l’État québécois amorceront une grève générale illimitée dès lundi matin, par des rassemblements devant les palais de justice des principales villes du Québec.

Ces professionnels sont répartis dans l’ensemble des ministères et organismes du gouvernement provincial. Ils participent à la représentation du gouvernement auprès de tribunaux civils, administratifs et pénaux, en plus d’agir comme conseillers juridiques et légistes auprès des ministres et présidents d’organismes.

Le président de l’Association des notaires et avocats de l’État québécois (LANEQ), Jean Denis, affirme que la décision de débrayer n’a pas été prise «de gaieté de coeur». Il ajoute que les membres sont toutefois déterminés, car le mandat de grève a été accordé à 84 pour cent.

Le débrayage pourrait notamment retarder la rédaction de règlements et d’avis juridiques, de même que ralentir les procédures devant les tribunaux.

Ainsi, les projets de loi qui n’auront pas été déposés avant le 4 novembre ne pourront être adoptés au cours de la prochaine session parlementaire, indique M. Denis. Ce serait notamment le cas du projet de loi provincial concernant les chiens de type pitbull ou encore le statut de métropole de Montréal ainsi que de la modification de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Le Tribunal administratif du travail a rendu sa décision, dimanche, quant aux services essentiels qui devront être maintenus en dépit de la grève.

«Ils ont accepté les arguments du gouvernement et de l’Agence du revenu voulant que tout ce qu’on fait est essentiel», a laissé tomber M. Denis, précisant que la majorité des membres se trouveront néanmoins sur les piquets de grève.

Le principal point en litige est la demande du syndicat de modifier en profondeur le régime de négociation qui concerne ses membres. Il veut obtenir un mécanisme d’arbitrage qui lierait les parties — et non plus un processus de médiation.

«Ce n’est pas une renonciation au droit de grève», nuance M. Denis, puisqu’il s’agit d’un droit constitutionnel. «On troque ce droit de grève-là pour un autre mode de négociation, avec un comité de rémunération liant», a-t-il exposé, dimanche, en entrevue à La Presse canadienne.

Il note que si le gouvernement n’a toujours pas invité le syndicat à reprendre les négociations, il perçoit une certaine ouverture en ce sens.

«De façon non officielle, on s’est parlés», a-t-il confié.

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