TC Media En Abitibi-Témiscamingue, un adulte qui a besoin de consulter un allergologue pour passer un test de dépistage d’allergie attend en moyenne 66 mois. La région a le pire résultat de la province.

Il faut en moyenne 1980 jours d’attente avant de voir un allergologue en Abitibi-Témiscamingue, soit… 5 ans et demi. Il s’agit bien évidemment du pire délai parmi toutes les régions du Québec. Plus inquiétant encore, la deuxième pire région à ce chapitre, Laval, ne compte qu’entre 330 et 720 jours d’attente. C’est en moyenne quatre ans plus rapide.

Près de 600 personnes sont en attente d’un test de dépistage d’allergies pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue selon les données obtenues par la Coalition Avenir Québec (CAQ) et confirmées par le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS). Un total de 223 enfants se trouve présentement sur cette liste. L’attente moyenne pour les adultes qui ont demandé une consultation est de 66 mois (5 ans et demi) et de 60 mois (5 ans) pour les enfants.

Mélanie Rocher, directrice adjointe aux services ambulatoires, n’a pas remis en cause ces données. «Les chiffres sont fondés, a-t-elle dit d’entrée de jeu. Ce sont des données publiques qui peuvent être obtenues par la Loi sur l’accès à l’information.»

Quelques nuances
Si l’attente moyenne pour avoir un rendez-vous avec l’allergologue de la région est d’environ 5 ans, certaines nuances ont été apportées par Mme Rocher. «Cela dépend de la gravité des cas, a-t-elle répondu. Les requêtes faites à l’allergologue sont révisées chaque mois. Les plus urgents ont la priorité.»

Une des raisons qui expliquent la situation actuelle en Abitibi-Témiscamingue est le fait qu’il n’y a qu’un seul allergologue. «En plus de traiter les adultes et les enfants de l’Abitibi-Témiscamingue, l’allergologue traite aussi des patients du Nord-du-Québec, a spécifié Mélanie Rocher. Dans un contexte comme celui-ci, il est évident que notre allergologue ne peut pas y arriver. Nous essayons de repérer les dossiers qui pourraient être traités par d’autres spécialistes.»

«En plus de traiter les adultes et les enfants de l’Abitibi-Témiscamingue, l’allergologue traite aussi des patients du Nord-du-Québec.» –Mélanie Rocher

Peu d’options pour régler le problème
Les solutions pour réduire la liste d’attente en Abitibi-Témiscamingue sont peu nombreuses. «Bien sûr que nous souhaitons recruter un deuxième allergologue, mais pour cela il faudrait qu’il y en ait un qui accepte de venir travailler dans la région, a expliqué Mélanie Rocher. Nous faisons des efforts pour attirer un spécialiste, mais il y en a peu.»

L’autre option possible serait que le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) envoie du renfort pour diminuer la liste d’attente. «Il faut dire qu’il manque d’allergologues au Québec, a soutenu Mme Rocher. Cette solution est peu envisagée. Le mieux que l’on pourrait faire serait de transférer des patients à l’extérieur de la région pour qu’ils puissent être traités.»

Le ministère de la Santé n’interviendra pas

La porte-parole du MSSS Noémie Vanheuverzwijn a indiqué que le ministère n’avait pas l’intention d’intervenir dans le dossier. «C’est aux établissements de santé de fournir les soins et services appropriés à la population, a-t-elle indiqué. Il est de leur responsabilité de prendre les mesures nécessaires pour régler la situation. Le ministère est là pour les appuyer.»

Mme Vanheuverzwijn a cerné le problème de recrutement dans les universités. «Les places dans les universités ne sont pas toutes comblées, a-t-elle dit. Il y a, pour l’ensemble du Québec, 72 postes d’allergologue. Douze postes sont présentement vacants à l’échelle provinciale.»

Le problème des listes d’attentes pour avoir accès à un médecin spécialiste est un véritable casse-tête pour le ministère. Celui-ci songe à instaurer un centre de répartition. «Cela se fera au cours des prochains mois, a déclaré Mme Vanheuverzwijn. Le centre de répartition sera mis en place de façon graduelle et nous sommes en train d’évaluer la possibilité d’inclure l’immunologie dans cette structure.»

Le temps d’attente selon les régions

Région Temps d’attente
bitibi-Témiscamingue 1980 jours
Laval 330 à 720 jours
Laurentides 18 à 645 jours
Bas-Saint-Laurent 120 à 540 jours
Lanaudière 175 et 500 jours
Saguenay-Lac-Saint-Jean 420 jours
Chaudière- Appalaches 44 à 372 jours
CHU de Québec 200 jours
Est-de-l’île-de-Montréal 140 jours
Charlevoix 134 jours
Hôpital Sainte-Justine 60 jours
Estrie 55 jours
Montérégie et CHUM délai inconnu

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