Anko Van der Werff nommé PDG d’Air Canada, et il parle français
Air Canada a annoncé mercredi la nomination d’Anko Van der Werff – un Néerlandais qui parle six langues dont le français – au poste de président et chef de la direction. Il succédera à Michael Rousseau, dont le départ à la retraite avait été annoncé en mars dernier dans la foulée de vives critiques entourant son manque de maîtrise du français.
Actuellement patron de Scandinavian Airlines (SAS), Van der Werff entrera en fonction d’ici la fin janvier 2027. Il siégera également au conseil d’administration du transporteur.
Le dirigeant cumule plus de 25 ans d’expérience dans l’aviation internationale, selon l’entreprise. Avant de prendre les commandes de SAS en 2021, il a dirigé la société colombienne Avianca, l’une des principales compagnies aériennes d’Amérique latine. Il a aussi été vice-président général et chef des Affaires commerciales à Aeroméxico, en plus d’avoir occupé des postes de direction chez Qatar Airways et KLM Royal Dutch Airlines.
«Il possède une vaste expérience internationale dans le domaine de l’aviation et apporte 25 années de résultats probants», a fait valoir le président du conseil d’administration, Vagn Sørensen, dans un communiqué. Ce dernier s’est dit convaincu que le nouveau dirigeant «favorisera une croissance et une transformation créatrices de valeur».
«C’est un honneur d’être choisi pour diriger cette entreprise canadienne emblématique», a pour sa part déclaré M. Van der Werff, qui affirme avoir hâte de se mettre au travail. «Je suis enthousiaste à l’idée de déménager à Montréal», a-t-il ajouté, la métropole abritant le siège social de l’entreprise.
La question de la langue
Originaire des Pays-Bas, Anko Van der Werff parle néerlandais et est «capable de s’exprimer en français», souligne Air Canada. La compagnie aérienne précise que la capacité de communiquer dans la langue de Molière figurait parmi les critères examinés lors du processus de sélection. Le dirigeant a également appris l’espagnol, l’italien et le suédois à différents niveaux au fil de sa carrière, en plus de l’anglais.
Cette insistance sur le français n’est pas anodine. L’ancien PDG Michael Rousseau, en poste depuis 2021 à la tête d’Air Canada, a été vivement critiqué au cours des dernières années pour sa connaissance insuffisante du français. Il avait notamment suscité l’indignation en diffusant un message de condoléances uniquement en anglais après l’accident d’avion ayant coûté la vie à deux pilotes à l’aéroport LaGuardia, à New York. De nombreuses voix avaient alors réclamé sa démission.
Lorsque son départ avait été annoncé en mars, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, avait jugé la décision nécessaire. «Une fois que t’as perdu la confiance et la légitimité, je pense que malheureusement c’est ça qu’il restait à faire», avait-elle affirmé. Elle estimait, tout comme le premier ministre Mark Carney, que la maîtrise du français serait impérative pour le prochain PDG. Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, avait quant à lui rappelé l’importance pour la compagnie d’offrir «un service sûr, fiable, abordable et bilingue à l’ensemble des Canadiens».
Une transition de quelques mois
Le départ à la retraite de M. Rousseau, après 19 ans passés au sein d’Air Canada, prendra effet le 31 août 2026. Entre son départ et l’arrivée de son successeur, le Comité de direction relèvera directement du conseil d’administration. M. Rousseau demeurera par ailleurs disponible durant la période de transition.
«Le Conseil d’administration est reconnaissant envers Michael Rousseau pour son leadership exceptionnel et son apport extraordinaire», a souligné M. Sørensen, remerciant le dirigeant sortant pour son «legs».
La nomination de M. Van der Werff est le fruit d’une recherche mondiale amorcée en janvier, qui s’est déroulée en parallèle d’un programme de perfectionnement interne des cadres mis en place il y a deux ans. Le nouveau PDG a siégé au conseil d’administration de l’Association du transport aérien international (IATA) jusqu’en juin 2026. Il est titulaire d’une maîtrise en droit de l’Université de Leyde et a suivi le programme destiné aux dirigeants de la Harvard Business School.
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