Charles Platiau Charles Platiau / The Associated Press

OTTAWA — L’hôpital militaire que le Canada a promis pour soigner les victimes de la «bataille de Mossoul», déclenchée la semaine dernière, n’est toujours pas prêt et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, impute la responsabilité de ce retard au gouvernement irakien.

Dans une entrevue accordée depuis Paris, où il participe à une réunion de la coalition contre Daech (groupe armé État islamique), M. Sajjan a soutenu que le Canada avait fourni le personnel et le matériel nécessaires à l’ouverture de l’hôpital militaire, mais que le gouvernement irakien tardait à déployer toutes les ressources promises.

En juillet dernier, avant le déclenchement imminent de l’offensive pour reprendre Mossoul aux mains des intégristes depuis juin 2014, le Canada avait promis un hôpital militaire et 50 professionnels de la santé.

L’opération à Mossoul, deuxième ville du pays, a effectivement débuté le 17 octobre et depuis une semaine, les forces irakiennes et kurdes, appuyées par des troupes internationales au sol et des aéronefs, progressent lentement vers la cité, en prenant des villages aux alentours. Des dizaines de combattants peshmergas ont été tués et plusieurs autres ont été blessés, selon des médias.

Les forces spéciales canadiennes collaborent depuis deux ans avec les Kurdes dans le nord de l’Irak, et l’hôpital militaire devait être installé à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.

Le ministre Sajjan trouve «regrettable» que l’hôpital ne soit toujours pas opérationnel. Il n’a pas voulu préciser les motifs de ce délai mais a soutenu que les problèmes avaient été résolus et que l’hôpital pourrait bientôt accueillir des blessés.

«Rappelez-vous que l’opération (à Mossoul) vient tout juste d’être déclenchée», a-t-il plaidé. «(La bataille) durera un certain temps, alors les ressources que nous avons mises en place seront utiles et bienvenues.»

La bataille de Mossoul, dernier bastion de Daech en Irak, est considérée comme une étape décisive dans la lutte contre les extrémistes. L’étape suivante pourrait bien être la ville syrienne de Raqqa, la soi-disant «capitale» du groupe armé État islamique.

Les militaires canadiens qui se trouvent en Irak doivent actuellement se limiter à des opérations dans ce seul pays. Mais le ministre Sajjan a ouvert la porte à un éventuel déploiement canadien en Syrie, où les troupes américaines combattent depuis des mois. Le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé mardi qu’il déploiera des militaires en Jordanie et en Turquie pour former des combattants de l’opposition en Syrie, mais les soldats britanniques n’entreront pas dans ce pays.

Le ministre Sajjan s’est gardé une marge de manoeuvre. «Nous ne participons pas (aux opérations) en Syrie. Ultérieurement, compte tenu de la situation politique, des négociations en cours, les circonstances peuvent évoluer. Nous réévaluerons les besoins de la coalition au fur et à mesure», a-t-il prévenu.

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