Jason Franson/La Presse Canadienne Shannon Phillips.

EDMONTON — Le gouvernement albertain estime que son plan sur les changements climatiques fera reculer l’économie de la province à court terme, mais la ministre de l’Environnement Shannon Phillips a indiqué que ces prévisions pourraient changer.

L’impact économique du plan est évalué à 0,3 ou 0,4 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2022, ce qui se traduirait par une croissance plus faible de 0,5 pour cent par année pendant cette période.

Le gouvernement croit également que la construction d’un oléoduc sur les côtes, qui permettrait à l’Alberta d’avoir un meilleur prix sur le pétrole, contrebalancerait amplement les effets du plan sur le carbone.

Mme Philipps a précisé que les chiffres étaient préliminaires et qu’ils ne prenaient pas en compte la croissance prévue d’une industrie diversifiée en énergie.

Le gouvernement néo-démocrate de la première ministre Rachel Notley se fait demander depuis des mois par les politiciens de l’opposition de révéler les chiffres des impacts potentiels de son plan sur le climat.

Mme Philipps a dit qu’ils ont finalement décidé de dévoiler les chiffres pour enrichir le débat, mais elle a tenu à souligner que le portrait était appelé à changer.

«Ils (les chiffres) ne sont pas complets, c’est ça l’idée. Il font partie de la conversation en cours pour déterminer comment investir les recettes des prélèvements sur le carbone, comment avoir un accès accru au marché, comment créer des emplois pour ainsi avoir des revenus afin de relever toute l’économie», a-t-elle expliqué.

La province a mis en place plusieurs mesures pour moderniser l’économie de l’Alberta, afin de redonner de la vigueur au secteur énergétique, à le diversifier, tout en reconnaissant l’importance de s’attaquer aux changements climatiques.

Le porte-parole du parti Wildrose, Dan MacIntyre, a reconnu que les projections étaient incomplètes, mais il croit que les données seront en fait beaucoup plus négatives.

«Ce rapport ne prend en compte absolument rien sur la fermeture des centrales de charbon, aucune compensation, rien de cela», a-t-il pesté.

Le porte-parole du Parti progressiste-conservateur Rick Fraser a pour sa part dit que certaines entreprises ressentaient déjà les effets des politiques néo-démocrates.

«Nous voyons des petites et moyennes entreprises pétrolières et gazières, elles ne sont plus là. Et elles ne reviendront pas. Elles s’en vont dans des endroits comme la Saskatchewan», a-t-il déploré.

Le gouvernement albertain a déjà adopté une loi pour mettre en oeuvre la taxe sur le carbone à compter du 1er janvier.

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