La médiatisation des cas de disparition a toujours fait partie de la stratégie policière. Les enquêteurs détiennent toutefois un outil de plus en cette ère numérique: les réseaux sociaux.

«La grosse différence, aujourd’hui, c’est la rapidité avec laquelle les informations sont reprises», lance l’agent Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de la Ville de Granby.

Auparavant, ajoute-t-il, un corps de police qui faisait parvenir un communiqué de presse, photo incluse, à un média traditionnel à 14h devait attendre au lendemain matin avant de voir l’information être publiée.

«Maintenant, dès qu’on l’envoie, c’est immédiatement repris [et publié sur le web]. Sur les réseaux sociaux, les gens servent eux-mêmes de diffuseur pour reprendre la nouvelle, poursuit le policier. Ça part dans toutes les directions et ça rejoint différents types de monde.»

Cette rapidité de diffusion de l’information est primordiale dans les cas de disparition. «Si les policiers ne reçoivent pas d’information dans les deux, trois, quatre ou cinq jours après la disparition, ça devient plus difficile», signale l’agent Rousseau.

Les enquêteurs tentent de refaire la routine de la personne. Et le fait que la photo du disparu circule allégrement sur les réseaux sociaux donne un coup de pouce supplémentaire aux policiers. «Ça nous permet de rejoindre des connaissances de la personne qui ne connaissent pas nécessairement son nom, mais qui la connaissent de vue, comme l’employé du café du coin», cite en exemple le porte-parole de la Police de Granby.

Dossiers résolus…plus rapidement?

En entrevue avec TC Media, Guy Rousseau n’était pas en mesure de fournir des statistiques portant sur le taux de résolution des cas médiatisés. Il remarque, par contre, qu’avec l’arrivée des médias sociaux, les dossiers locaux ne sont plus confinés localement.

«Auparavant, la nouvelle d’une disparition avait tendance à rester dans la région, à moins d’un gros dossier. Maintenant, même si les médias nationaux décident de ne pas médiatiser le dossier, la nouvelle produite par les médias locaux prend de l’ampleur. Ça devient extraterritorial avec les réseaux sociaux. C’est comme une toile d’araignée qui se tisse», illustre-t-il.

Ce ne sont pas toutes les disparitions qui sont médiatisées. Les enquêteurs suivent un guide de pratiques policières. Et chaque cas est analysé. «On doit évaluer différents critères. Quand on est rendu à médiatiser le dossier, c’est qu’on pense que c’est important», souligne Guy Rousseau.

Les policiers entrent en contact avec la famille. Un formulaire d’autorisation de divulgation de l’image et de certains détails doit être signé.

«On rencontre les proches du disparu parce que tous les mots sont importants. On valide aussi la photo qui sera diffusée pour qu’ils soient à l’aise parce qu’une fois que c’est parti, ça laisse des traces», conclut Guy Rousseau.

Dans le cadre de la médiatisation d’un dossier, Guy Rousseau martèle aussi l’importance de l’implication de la famille. «Ça touche le cœur des gens», assure l’agent qui s’occupe également des dossiers de prévention et de relations communautaires.

Chaque fois que quelqu’un disparaît, la police entre en contact avec les proches et s’informe s’ils désirent s’impliquer. «On leur demande alors de relater les circonstances de la disparition et de démontrer l’importance de cette personne pour eux, poursuit Guy Rousseau. Ça permet de mettre un visage sur un proche du disparu.»

Il souligne que les familles, du moins celles de Granby, participent généralement assez bien et parlent aux médias. Dans le cas contraire, le relationniste va valider les détails qu’il peut divulguer et va lui-même faire le lien avec les journalistes.

Dans de rares occasions, il arrive que certaines familles refusent de médiatiser une disparition.

Procédures

Ce ne sont pas toutes les disparitions qui sont médiatisées. Les enquêteurs suivent un guide de pratiques policières. Et chaque cas est analysé. «On doit évaluer différents critères. Quand on est rendu à médiatiser le dossier, c’est qu’on pense que c’est important», souligne Guy Rousseau.

Les policiers entrent en contact avec la famille. Un formulaire d’autorisation de divulgation de l’image et de certains détails doit être signé.

«On rencontre les proches du disparu parce que tous les mots sont importants. On valide aussi la photo qui sera diffusée pour qu’ils soient à l’aise parce qu’une fois que c’est parti, ça laisse des traces», conclut Guy Rousseau.

À lire aussi: La perception des fugues change

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus