Dave Gram Dave Gram / The Associated Press

MONTRÉAL — L’ancien lanceur des Expos de Montréal et nouveau politicien peu orthodoxe Bill Lee promet, s’il devient gouverneur du Vermont, de faire disparaître la frontière entre cet État, le Québec et les provinces maritimes.

À quelques heures des élections américaines, le coloré candidat au poste de gouverneur du Vermont a accordé une entrevue à La Presse canadienne — une conversation qu’il faut prendre avec «un grain de sel», a-t-il signalé.

Celui qu’on surnomme communément «Spaceman» a expliqué, mi-sérieux, qu’il voulait former une alliance avec les provinces pour que le Vermont soit approvisionné «entièrement» en énergie canadienne.

Il a ajouté que ce serait une union «bénéfique» pour tous puisque ces territoires sont déjà des partenaires commerciaux importants.

Cette alliance va de soi, selon lui, car les Vermontois sont «exactement comme» les Canadiens de l’Est du pays. Les Américains pourraient être accueillis «comme des réfugiés», a-t-il dit en éclatant de rire.

Interrogé à savoir pourquoi il a décidé de se lancer en politique, Bill Lee cite en français une déclaration de l’intellectuel et fondateur du Parti rhinocéros, Jacques Ferron: «On n’est pas des moutons». M. Lee s’était d’ailleurs présenté comme candidat à la présidence en 1988 sous la bannière du Parti rhinocéros aux États-Unis.

L’ancien athlète de 69 ans souligne que «tout est nul» dans le paysage politique américain actuellement. «La gauche et la droite, les libéraux et les conservateurs, présentent un plan désuet. Tu ne peux pas avancer quand tu vas à gauche ou à droite, tu dois aller par en avant», a-t-il soutenu.

M. Lee dit qu’il ne votera que pour lui aux élections de mardi, il ne donne son appui à aucun candidat à la présidence.

Bill Lee ne mâche pas ses mots pour parler des électeurs qu’il a rencontrés pendant sa campagne. «Ils ne sont pas vraiment intelligents. Ils n’apprennent pas de leur histoire», a-t-il précisé.

«C’est une situation désespérée. Et quand les choses deviennent désespérées, je déménage au Canada», a-t-il indiqué, ajoutant qu’il avait amorcé «des procédures» en ce sens.

M. Lee a déjà une attache au Canada; sa femme est originaire de Calgary. Mais il prévoit s’établir plutôt à Vancouver, où le maire a promis de l’accueillir en tant que réfugié politique, a-t-il indiqué.

L’ancien joueur des Expos dit qu’il «fera tout ce qu’il peut» pour ramener son ancienne équipe à Montréal parce que selon lui, c’est dans l’intérêt des Yankees de New York, des Red Sox de Boston et des Blue Jays de Toronto.

«C’est faisable économiquement. C’est sensé. Et Charles Bronfman (l’ancien propriétaire des Expos) va m’aider», a-t-il souligné.

Bill Lee déménagera-t-il vraiment au Canada ou a-t-il lancé l’idée à la blague? «Je dis ça depuis toujours. Vous devez prendre ce que je vous dis avec un grain de sel», a-t-il conclu en rigolant.

Malheureusement pour M. Lee, la course au Vermont se joue plutôt entre la démocrate Sue Minter et le républicain Phil Scott. Un sondage mené par la station de télévision locale WCAX deux semaines avant l’élection démontre que M. Scott mène la course à 47 pour cent contre 40 pour Mme Minter.

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