LÉVIS, Qc — Le maire de Montréal, Denis Coderre, a déclaré lundi qu’il n’a fait aucune plainte formelle quand il a dénoncé à son chef de police des fuites médiatiques le concernant.

M. Coderre a estimé qu’il avait agi normalement et n’avait pas utilisé d’accès privilégié, quand il a discuté avec Marc Parent, en 2014, des moyens utilisés contre lui dans le cadre de négociations entre la Ville et les policiers.

Dans un point de presse à Lévis, M. Coderre s’est défendu d’avoir provoqué une enquête policière, qui a mené à l’émission d’un mandat de surveillance du journaliste Patrick Lagacé, du quotidien La Presse, qui posait des questions concernant une contravention impayée.

«Le citoyen ordinaire peut avoir accès à la police quand il vit des choses, a-t-il dit. Alors moi j’ai appelé mon directeur de police et j’ai dit: il y a une relation syndicale-patronale qui va beaucoup trop loin.»

M. Coderre a néanmoins évoqué la possibilité qu’il aurait mieux valu porter plainte formellement contre ce qu’il attribue aux tensions entre les policiers de Montréal et la direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Peut-être», a-t-il laissé tomber.

Questionné sur la raison pour laquelle il s’est contenté de parler directement au directeur du SPVM, M. Coderre a évoqué un concours de circonstances qu’il n’a pas précisées.

«Parce que ça n’a pas adonné, a-t-il dit. J’ai demandé: est-ce que c’est légal? Mais je n’ai pas demandé qu’on fasse une enquête.»

Alors que la controverse sur les pratiques du SPVM s’amplifie, M. Coderre a rappelé qu’il a mandaté l’inspecteur général de la Ville, Denis Gallant, pour enquêter sur la surveillance policière de journalistes.

M. Coderre a expliqué qu’il a décidé d’appeler M. Parent, alors chef du SPVM, après des fuites dans les médias le concernant

«À date, je ne vois pas pourquoi je changerais de façon de faire, a-t-il dit. C’était une situation intenable. Si on se sent surveillé et que les policiers sont avant tout des syndiqués, il y a un problème.»

M. Coderre a affirmé qu’il n’avait pas cherché ensuite à savoir si M. Parent avait entamé quoi que ce soit après leur conversation.

«Je n’ai pas fait de suivi parce que je n’ai pas fait de plainte formelle», a-t-il dit.

Le cabinet de M. Coderre a la preuve du paiement d’une contravention de 499 $. Ce constat avait été reçu alors qu’il était encore député fédéral, en 2012, parce que l’immatriculation de son véhicule était périmée.

Luc Ferrandez, chef de l’opposition officielle à Montréal, a affirmé que M. Coderre s’est ingéré dans les affaires policières en plus d’être responsable de l’enquête qui a mené à la surveillance des données téléphoniques de M. Lagacé.

«Il est personnellement impliqué dans cette affaire d’espionnage de Patrick Lagacé. En fait, c’est lui qui l’a déclenchée.»

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire une contravention totalisant 499 $, et non une contravention totalisant 610,50 $, soit une amende de 499 $ plus les frais.

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