DRUMMONDVILLE, Qc — Un député de la Coalition avenir Québec (CAQ) croit que le fédéralisme canadien offre l’avantage de la protection d’ententes stratégiques militaires et d’échange de renseignements.

Benoit Charette, porte-parole en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes, a évoqué l’appartenance du Canada à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

À l’occasion de son congrès en fin de semaine, la CAQ a adopté samedi l’article 1 de ses statuts, qui précise son choix de rester à l’intérieur du Canada.

Rejetant l’étiquette de fédéraliste, le chef caquiste François Legault a déclaré la semaine dernière que les avantages du fédéralisme canadien sont principalement économiques.

M. Legault a répété samedi qu’il annoncera en fin de semaine un projet d’alliance économique avec les provinces canadiennes.

En marge du congrès, samedi, M. Charette a évoqué les avantages militaires et stratégiques de l’appartenance à l’ensemble canadien.

«Il y a des ententes de protection à travers le NORAD, à travers l’OTAN, pour la sécurité et le renseignement», a-t-il dit.

M. Charette a également souligné les efforts de la délégation canadienne à l’UNESCO pour obtenir une entente sur la spécificité culturelle, une demande québécoise.

«Ça n’a pas nui que le Québec à l’UNESCO n’ait pas sa voix, donc le Canada l’a défendu», a-t-il dit.

Le député caquiste Éric Caire a affirmé que la bonne réputation internationale du Canada est un avantage du fédéralisme.

M. Caire a attribué cette perception à la participation canadienne aux opérations militaires de maintien de la paix.

«Les opérations militaires ont aidé, la façon dont on l’a fait, on est les fondateurs des Casques bleus, a-t-il dit. On est associé beaucoup aux missions de paix.»

Près de cinq ans après la fondation de leur parti, les militants caquistes vont adopter en fin de semaine le premier article de leurs statuts, qui proclameront leur souhait de rester dans le Canada, tout en réclamant des pouvoirs supplémentaires.

M. Legault a affirmé que la priorité d’un gouvernement caquiste serait d’obtenir une entente administrative qui donnerait au Québec 100 pour cent de la gestion de l’immigration, alors qu’actuellement la réunification des familles relève d’Ottawa.

Selon le chef caquiste, aucune modification à la constitution ne sera nécessaire avant un deuxième mandat pour satisfaire ses demandes.

«Au début, les premières ententes ne nécessitent absolument pas de rouvrir la constitution, a-t-il dit. Dans un deuxième mandat, ce sera quelque chose qui sera regardé.»

Pour M. Legault, le premier ministre Philippe Couillard est «à genoux» devant Ottawa, tandis que le chef péquiste Jean-François Lisée ne cherche que «les chicanes» avec le fédéral.

Ex-adéquiste avant la fusion de la formation avec la CAQ, le leader parlementaire François Bonnardel a reconnu que l’autonomisme prôné par l’ancien parti de Mario Dumont avait été mis en veilleuse, alors que les caquistes avaient jusqu’à l’an dernier évité de se positionner sur la place du Québec dans le Canada.

«On s’est dit pendant des années que ‘l’écoeurantisme’ des Québécois envers le bipartisme et les questions constitutionnelles, que les gens nous donneraient leur appui, a-t-il dit. Mais les gens mesuraient mal où on pouvait se situer, et je pense qu’aujourd’hui les gens comprennent.»

Cofondateur de l’Action démocratique du Québec (ADQ), le militant caquiste Jean Allaire a salué la décision de renouer avec l’autonomisme qu’il place au coeur des revendications politiques québécoises.

«Les gens sont rendus là dans leur organisation, dans leur maturation et ils en viennent à certaines conclusions qui existaient avant, mais pourquoi pas», a-t-il dit aux journalistes, en saluant un «cheminement positif».

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