JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne Fort McMurray a été ravagé par les flammes au mois de mai dernier.

FORT MCMURRAY, Alb. — Melanie Dene se souvient de la douloureuse épreuve qu’a été sa fuite de Fort McMurray, en mai dernier, alors qu’elle avait dû traverser un véritable enfer avec ses deux filles en voiture.

La femme autochtone fait partie des participants à une étude portant sur les effets de l’incendie de Fort McMurray sur les membres de communautés métisses et des Premières Nations.

La démarche — financée par la Croix-Rouge canadienne, mais menée par une société de consultants— comprend notamment la collecte de témoignages de personnes dont la résidence a été ravagée par le brasier, de d’autres qui ont dû faire face à des pénuries alimentaires et de ceux qui ne peuvent désormais plus chasser ou faire la cueillette de petits fruits.

Mme Dene et sa famille ont pu se tirer du brasier saines et sauves, mais leur demeure et tous leurs biens ont été réduits en cendre. Elles habitent aujourd’hui Edmonton. La voiture de Mme Denne est restée momentanément en panne alors qu’elle tentait de fuir, puisque le moteur était trop chaud.

Les flammes, l’épaisse fumée noire qui se répandait et la circulation lourde qui engorgeait l’autoroute restent fraîchement imprégnées dans sa mémoire.

L’étude à laquelle Mme Dene participe implique les cinq Premières Nations qui forment le Conseil tribal d’Arthabaska et les communautés de Wood Buffalo, Willow Lake et Chard Metis, entre autres.

Le Conseil espère pouvoir cerner, à terme, des moyens pour aider les communautés sous son giron à se relever et à se mieux préparer à la possibilité d’éventuelles catastrophes, a dit sa présidente, Maggie Farrington.

Selon l’organisation, environ 10 000 autochtones habitent la région. Certains d’entre eux vivaient dans les quartiers les plus durement touchés de Fort McMurray.

«Il y a un effet thérapeutique au fait de raconter son histoire. Les histoires (des participants à l’étude) contribueront à façonner un dialogue plus vaste pour aider à constituer une résilience. Nous espérons qu’il s’agira de la conclusion de la recherche», a soutenu Mme Farrington.

Mme Dene a toujours cru que le feu ne représentait pas quelque chose de mauvais ou de destructeur, mais l’associait plutôt à la chaleur qu’il dégage. Depuis le 3 mai, toutefois, elle est devenue craintive à la vue de flammes et a dû réapprendre à apprécier de regarder un feu de camp.

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