Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Philippe Couillard

MARRAKECH, Maroc — François Legault «défonce des portes ouvertes» en proposant aux Québécois une deuxième baie James, a raillé Philippe Couillard, lundi.

Il réagissait ainsi au projet mis en valeur par le chef caquiste, dimanche, au terme du congrès de son parti: un éventuel gouvernement caquiste voudrait augmenter la capacité hydroélectrique du Québec pour en faire un centre d’exportation vers des provinces canadiennes et des États de la Nouvelle-Angleterre.

M. Legault n’a pas donné de détails sur l’ampleur des budgets et le nombre d’emplois qu’il associe avec ce projet, qu’il a présenté comme une «baie James du XXIe siècle».

«J’ai du mal à suivre M. Legault, je crois qu’il défonce des portes ouvertes», a déclaré M. Couillard à son premier jour de participation à la COP22, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Marrakech, au Maroc.

«Il annonce ce qui existe déjà, c’est bizarre», a-t-il ironisé.

Le Québec fait déjà tout ce que le chef caquiste préconise, estime son adversaire libéral. Le premier ministre a rappelé que son gouvernement a signé récemment une entente d’exportation d’électricité avec l’Ontario et qu’Hydro-Québec est déjà présente sur les marchés américains.

Il a aussi évoqué un grand chantier hydroélectrique qui est toujours en cours, soit le projet de la Romaine, sur la Côte-Nord.

M. Couillard a lancé une mise en garde contre une course effrénée à la production d’électricité mal planifiée. Il a aussi laissé entendre que le chef caquiste était mal informé.

«Il faut absolument que, lorsqu’on développe de l’énergie (sic), elle corresponde à ce dont on a besoin, maintenant, pour notre utilisation, demain, mais également pour nos exportations. Est-ce qu’il y aura un jour d’autres projets hydroélectriques? Peut-être, mais M. Legault manque d’information.»

Le premier ministre lui suggère de rencontrer les représentants d’Hydro-Québec qui lui expliqueraient les projets en cours et les démarches faites aux États-Unis et ailleurs sur la planète pour augmenter les échanges de la société d’État.

M. Legault a fait savoir qu’il ferait connaître les contours de son projet en 2017. Il a dit vouloir que le Québec devienne le centre, l’opérateur, le producteur d’énergie le plus important dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

Le chef de la CAQ a aussi dit qu’il serait prêt à proposer un partenariat aux provinces souhaitant devenir actionnaires des projets d’exportations.

M. Legault juge que les contrats actuels d’exportation d’Hydro-Québec vers les autres provinces et les États de la Nouvelle-Angleterre sont actuellement «un petit pas».

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