Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le Canada se prépare à des négociations difficiles en matière commerciale avec la nouvelle administration américaine de Donald Trump, admet l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton.

L’ambassadeur a pris la parole, mercredi, devant 300 convives réunis par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), dans un contexte où l’accord de libre-échange avec les États-Unis est remis en question par le président désigné Donald Trump, sans compter l’éternel litige touchant le bois d’oeuvre qui intéresse particulièrement le Québec.

M. MacNaughton s’est dit conscient qu’il faudra faire un long travail d’information de l’autre côté de la frontière pour faire comprendre aux Américains qu’eux aussi tirent profit de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Dans les faits, neuf millions d’emplois aux États-Unis dépendent de l’ALÉNA et 36 États américains ont le Canada comme principal partenaire commercial, a souligné M. MacNaughton.

Il a rappelé que dans le domaine de l’agriculture, de nombreuses voix s’élèvent contre le système canadien de gestion de l’offre, qui encadre les produits laitiers, la volaille et les oeufs.

Les Canadiens préparent leur riposte et s’affairent présentement à identifier toutes les subventions dont bénéficie l’industrie américaine des produits laitiers, par exemple, a indiqué M. MacNaughton.

«De cette façon, quand nous nous lancerons — si nous nous lançons — dans des discussions sur l’agriculture, nous serons bien informés des mesures qu’ils ont adoptées pour subventionner leur industrie», a-t-il fait valoir.

Pour ce qui est de l’accord sur le bois d’oeuvre, M. MacNaughton a salué le fait que le Québec ait révisé son régime forestier afin de prouver que les entreprises d’ici ne profitent pas de subventions déloyales, mais, selon lui, cela ne changera rien au fait que les Américains veulent encadrer, contrôler ce type d’échanges.

Raymond Chrétien, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, qui a remercié M. MacNaugton après son allocution, a laissé entendre que les prochains mois seront difficiles.

«Je ne reviendrai pas sur les raisons qui expliquent le succès électoral de M. Trump, si ce n’est son message protectionniste tout au long de la campagne électorale. Je pense que cela n’augure rien de bon pour la protection de nos intérêts», a-t-il averti.

Il a rappelé que pour l’industrie du bois d’oeuvre seulement, ce sont 60 000 emplois au Québec qui sont concernés. «Si une entente n’est pas conclue rapidement, je peux vous assurer que ce dossier risque de polluer l’atmosphère commerciale entre les deux pays au cours des prochaines années», a prévenu M. Chrétien.

Il a confié voir déjà dans sa «boule de cristal» certaines mesures législatives aux États-Unis comme le Buy America Act, en plus de pressions pour que le Canada augmente son budget militaire et pour l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord). «Il y aura des pressions énormes sur nous à bien des égards», a averti M. Chrétien.

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