Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

PORT-AU-PRINCE, Haïti — La ministre canadienne du Développement international, Marie-Claude Bibeau, dit avoir été rassurée, jeudi, sur la gestion des dons offerts à Haïti dans la foulée du passage de l’ouragan Matthew.

Au terme de sa deuxième journée de visite dans le pays, Mme Bibeau a confié qu’elle avait été impressionnée de voir que tous les organismes humanitaires étaient si bien coordonnés et qu’ils mettaient leurs ressources en commun pour être plus efficaces.

La ministre a également pu constater de ses propres yeux l’impact de ces organisations sur le terrain, alors qu’elle a passé la journée dans le sud du pays, qui a été durement touché par le passage de l’ouragan Matthew, en octobre.

La ministre, qui était accompagnée notamment de l’ambassadrice du Canada, Paula Caldwell St-Onge, s’est rendue dans la région en hélicoptère, où elle a pu apercevoir à vol d’oiseau les effets dévastateurs de la tempête qui a fait plus de 1000 victimes en Haïti.

Des coulées de boue étaient toujours visibles, plusieurs toits en tôle étaient complètement détruits et des racines d’arbres étaient arrachées. Les toiles et les bâches, qui permettent d’abriter les sinistrés, étaient omniprésentes du haut de Grand’Anse, un département qui comprend les villes de Jérémie et des Cayes.

À Camp Perrin, où il y avait l’une des forêts les plus touffues au pays, il ne restait que quelques arbres maigrichons devant des établissements lourdement endommagés.

Dans cette ville, Mme Bibeau a d’ailleurs été accueillie par les élèves d’une école qui apprennent leurs leçons à ciel ouvert depuis le sinistre. Les enfants ont chanté la bienvenue à la ministre devant les restes de leur école — seulement des poutres de bois, sans murs et sans plafond.

Les enfants n’avaient pas non plus de plancher, et on pouvait les entendre se déplacer dans les roches qui jonchaient le sol.

«Nous sommes tous perdus. Les enfants ont perdu leurs uniformes, leurs livres, tout le matériel. Chez eux ou à l’école», a soutenu la directrice de l’établissement, Gustave Rose Erna Désert, entre plusieurs soupirs.

«Nous avons perdu tout le matériel, mais Dieu nous a donné la vie. Nous pouvons rebâtir encore cette école avec l’aide de Dieu», a-t-elle ajouté, résignée.

Aux Cayes, Mme Bibeau s’est rendue dans un centre de traitement du choléra et dans l’unité de maternité de l’hôpital, où on l’a informée sur les naissances et la planification familiale — des sujets chers à la ministre.

Plus tôt, la délégation canadienne avait visité le centre de logistique du Programme alimentaire mondial où les stocks de riz, de pois et d’huile sont entreposés pour être livrés à la population.

Lors d’une table ronde en après-midi, Mme Bibeau s’était fait dire par des organismes humanitaires que certains camions d’aide avaient été pillés.

«Entre Les Cayes et Jérémie, les convois des camions sont presque tous les jours pillés. On a perdu une grande quantité de médicaments», a témoigné Akhil Iyer, chef de bureau du Fonds des Nations unies pour l’enfance en Haïti.

Mais ces incidents arrivent rarement en général, a nuancé la ministre en entrevue après la rencontre.

«Ça arrive à l’occasion, mais ce qu’on m’a dit, c’est que c’est moins d’un pour cent dans la majorité des cas. Peut-être qu’on a dépassé le un pour cent ici, en Haïti, en ce moment, mais on m’a expliqué les raisons. Ce sont des cas d’exception», a-t-elle affirmé.

«J’ai été rassurée (sur le plan) de la bonne gestion qu’ils (les organismes humanitaires) font et de la collaboration qu’ils ont entre eux pour maximiser l’efficacité de leur aide», a-t-elle ajouté.

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