PORT-AU-PRINCE, Haïti — La chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Sandra Honoré, salue le fait que le Canada veuille mettre l’accent sur les projets humanitaires touchant les filles et les femmes — surtout en Haïti, qui ne compte pas une seule femme élue à la Chambre des députés et au Sénat.

Le Canada a annoncé cette semaine qu’il versera 54 millions $ à Haïti sur cinq ans, avec la part du lion de ce financement réservée à des projets de développement à long terme en agriculture. Et la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau a déjà prévenu des organisations réunies en table ronde, jeudi, en Haïti, qu’elle aurait un parti pris pour les projets qui mettront un accent particulier sur les filles et les femmes.

En entrevue avec La Presse canadienne à sa résidence de Port-au-Prince, vendredi, la responsable onusienne Sandra Honoré s’est désolée que les femmes aient si peu de pouvoir politique en Haïti et elle espère que les élections de dimanche permettront de changer ce portrait.

Les Haïtiens sont convoqués aux urnes pour le premier tour de plusieurs élections — la présidentielle, ainsi qu’une partie des élus de la Chambre des députés et du Sénat. Plusieurs femmes se présentent dans ces élections et Mme Honoré a «espoir que le peuple haïtien va indiquer et donner un signal en choisissant des femmes parmi les candidats».

Mme Honoré, qui est aussi représentante spéciale de l’ONU, espère d’ailleurs que les élections se dérouleront paisiblement alors que certains incidents violents sont survenus à l’approche du scrutin. Elle a toutefois souligné que ces événements «isolés» avaient été bien gérés par la police haïtienne.

Elle souligne d’ailleurs l’importance, pour les Haïtiens, de «rentrer dans l’ordre constitutionnel» après plusieurs reports d’élection dans la foulée du départ de l’ancien président, Michel Martelly. Depuis le mois de février, Haïti a un président intérimaire qui a été désigné indirectement par la Chambre des représentants.

Quelques semaines après le passage de l’ouragan Matthew qui a dévasté des départements du sud du pays, Mme Honoré a reconnu qu’il restait encore beaucoup de travail à faire pour que le pays se relève pour de bon de ce sinistre.

«Mais je suis sûre que le gouvernement, l’administration qui va entrer en fonction après l’élection d’un nouveau chef d’État saura exactement ce qu’il faudra faire pour que le pays et ces quatre départements se relèvent», a-t-elle soutenu.

Instaurée en 2004 par une résolution du Conseil de sécurité, la MINUSTAH a pour mission de stabiliser le pays, appuyer le processus politique et les institutions démocratiques, en plus de protéger les droits de l’homme.

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