gracieuseté Dimanche, des amis sont allés sur les lieux du drame pour rendre hommage à Donald Farley.

Des amis et partenaires d’entraînement de Donald Farley sont sous le choc après le décès subit de celui qui a représenté le Canada à deux reprises aux Jeux olympiques en ski de fond.

Selon des informations rapportées par des témoins de la scène, l’athlète aurait dépassé des cyclistes sur la piste vers 13h samedi et se serait ensuite arrêté avant de s’écrouler. Des gens auraient tenté de lui venir en aide avant l’arrivée des ambulanciers, mais en vain. Son décès a été constaté plus tard à l’hôpital.

Après être revenu au Québec au terme de sa carrière, Donald Farley venait souvent dans les Laurentides pour faire du sport. Il y a quelques mois, il a déménagé à Sainte-Adèle, entre autres pour se rapprocher d’un lieu qu’il aimait.

« Le Parc linéaire, c’était son terrain de jeu, raconte Stéfan Desfossés, un de ses partenaires d’entraînement des dernières années. C’est là que je l’ai rencontré par hasard. Nous sommes devenus amis assez rapidement parce que nous avions une vitesse semblable en entraînement. C’est quelqu’un qui avait un talent immense. Il m’a donné beaucoup de conseils pour améliorer ma technique de ski classique. »

Autre athlète de la région des Laurentides, Dany Quirion a aussi connu Donald Farley lors d’entraînements de ski et de vélo. « Un certain hiver, j’ai décidé de prendre ça plus au sérieux et il m’a offert de me donner un coup de main. Il avait réalisé qu’il n’avait rien légué de son savoir depuis sa retraite sportive. J’ai été vraiment choyé d’avoir ses conseils. Il m’appelait souvent et me demandais comment j’allais, si j’avais bien dormi… On s’entraînait ensemble et il me montrait tout. Je voulais être au sommet de ma forme pour le 50 km de pas de patin à Gatineau et il me disait que j’allais faire un top 10. Je ne le croyais pas. Je suis finalement arrivé 9e, ma meilleure performance à vie », relate-t-il. En vélo, il a également roulé de longues heures en sa compagnie et il est catégorique : Donald Farley était fait fort.

donald farley

Le sport comme métier
Entraîneur chef du club de ski de fond Fondeurs-Laurentides, Rémi Brière connaissait bien Donald Farley. Lui-même compétiteur à une certaine époque, il se souvient avoir suivi les progrès de Donald Farley au sein de l’équipe nationale et avoir suivi sa carrière olympique alors qu’il commençait son métier d’entraîneur.

Il se souvient d’un athlète d’une grande intensité qui se dévouait complètement à son sport. « Il a été un des premiers à considérer son sport comme une profession, un des premiers à aller chercher des commanditaires qui lui permettraient de vivre de son sport. Il a été un précurseur dans le sens où il a montré qu’on pouvait en faire son métier pendant quelques années », explique-t-il.

Seul aux Olympiques
À la fin de sa carrière, Donald Farley a devancé Pierre Harvey pour le nombre de médailles canadiennes obtenues. Rémi Brière estime que la carrière de Donald Farley est malheureusement restée un peu dans l’ombre puisqu’il a évolué à une époque où il était difficile pour les skieurs canadiens de percer sur la scène internationale. Aux Olympiques de Salt Lake City, il a été le seul fondeur canadien à participer aux épreuves masculines.

Ceux qui l’ont côtoyé savent qu’il a vécu des déceptions au cours de sa carrière. « C’était tout un athlète et quelqu’un de très sensible et qui a fait son chemin tout seul », ajoute Dany Quirion.

Une carrière bien remplie
Cette solitude l’a rendu extrêmement fort, estime Stéfan Desfossés. « À son époque, les athlètes n’avaient pas tout le soutien technique que les athlètes d’aujourd’hui ont. Il m’en a beaucoup appris sur le fartage des skis », ajoute-t-il.

Au cours de sa carrière, il a tout de même pu faire sa marque sur le circuit mondial en obtenant plusieurs top 30 en coupe du monde et, bien sûr, en participant à deux Olympiques. Il y a notamment obtenu une 39e place au 50 km de Salt Lake City et une 18e place au Relais 4 X 10 km à Nagano. L’année dernière, il a coanimé à la télévision les épreuves du Ski Tour Canada.

Même après sa retraite sportive, Donald Farley a continué à prendre ses entraînements au sérieux. « Je l’ai croisé encore cet automne à Oka où il était venu faire du ski à roulettes et pour lui, c’était l’entraînement d’abord. Il me disait « Je m’entraîne d’abord et on pourra se parler après. » C’était quelqu’un d’intense dans tout ce qu’il entreprenait », ajoute Rémi Brière. 

Stéfan Desfossés abonde dans le même sens : « C’est un gars intense dans tout. Il n’y a pas de demi-mesure avec lui. Il est allé au bout de ses rêves. »

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