Photo TC Média - Dominic Chamberland Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme, lors de son point de presse à Val-d'Or mercredi matin.

Dans l’espoir de mieux composer avec la réalité autochtone et d’atténuer les tensions, la Sûreté du Québec va mettre en place un nouveau poste mixte à vocation communautaire au centre-ville de Val-d’Or, une première du genre pour la police provinciale.

Le directeur général de la SQ, Martin Prud’homme, a confirmé la création de ce projet-pilote, mercredi matin en point de presse. «Ce 120e poste de la SQ dans la province sera composé de policiers de la SQ, de policiers autochtones et de travailleurs communautaires. Je ne dis pas que c’est la solution parfaite, mais je crois que ça va faire une différence et que l’on pourra mieux répondre aux problèmes rencontrés à Val-d’Or, a mentionné M. Prud’homme.

«Ce nouveau poste vise deux objectifs, soit répondre à nos responsabilités et améliorer le lien de confiance (entre les policiers et les autochtones). Nous sommes conscients qu’il y a du travail à faire, car dans le quotidien, des tensions se sont créées avec le temps. C’est un problème récurrent ici, mais nous sommes à la croisée des chemins et on regarde vers l’avant», a-t-il ajouté.

Le commandant Prud’homme a donné un exemple de l’utilité future du nouveau poste. «Nos policiers reçoivent plusieurs appels, souvent du même type, pour des problèmes liés à l’alcool et à l’itinérance, ce qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Avec des gens dédiés à répondre à ces appels, on pourra prendre le temps de bien traiter ces personnes et faire en sorte que les mêmes appels ne se répètent pas le lendemain», a-t-il affirmé.

Un défi de recrutement

Le grand patron de la SQ estime que le nouveau poste de Val-d’Or misera sur 15 à 20 agents, lesquels restent d’ailleurs à recruter. Comme le local au centre-ville reste à dénicher. «C’est un grand défi de trouver des policiers, a convenu Martin Prud’homme.

«Il s’agit d’un projet-pilote d’environ un an dont on évaluera les besoins. Le recrutement se fera sur une base volontaire au départ et je suis confiant que des policiers nous seront prêtés par différents postes de la SQ et des communautés autochtones, a-t-il raconté. On devrait déjà avoir un squelette du nouveau poste dès janvier prochain et possiblement fonctionner à 100% en mars ou en avril», a avancé M. Prud’homme.

Des relations publiques?

Martin Prud’homme se défend bien de faire des relations publiques dans le but de calmer la tempête avec la création d’un nouveau poste de police.

«La SQ a la responsabilité que ça fonctionne. Ce n’est pas une question de calmer la tempête ou de relations publiques, mais bien une question de résultats, a-t-il fait valoir. On s’est cassé la tête à trouver des solutions pour améliorer le climat de confiance et je suis convaincu que d’ici un an, on verra une différence avec un poste aux portes ouvertes où les gens se sentiront comme chez eux», a soutenu M. Prud’homme.

Racisme: Prud’homme préoccupé

Martin Prud’homme s’est dit préoccupé par les conclusions de Fannie Lafontaine, observatrice indépendante de l’enquête du SPVM à Val-d’Or, qui parlait de racisme systémique au sein de la police dans son rapport.

«Ces conclusions démontrent que nous avons besoin d’avancer. Je ne nie pas qu’il existe des tensions et qu’il faut travailler avec les gens du milieu communautaire pour trouver des solutions, a mentionné le directeur général de la SQ. La beauté du projet de nouveau poste de police, c’est qu’on n’arrive pas avec quelque chose de tout fait, mais qui va se bâtir selon les besoins.»

Des brebis sacrifiées?

Martin Prud’homme se défend bien d’avoir fait de six policiers de Val-d’Or des brebis sacrifiées en les suspendant à la suite du reportage de l’émission Enquête au sujet d’allégations d’abus envers des femmes autochtones. «Aucun d’eux n’a été sacrifié, a-t-il soutenu. Ça n’avait pas été une décision facile à prendre. Je leur avais expliqué que le lien de confiance était affecté.»

Puisque ces policiers ne feront face à aucune accusation, la SQ compte les ramener au travail, selon M. Prud’homme. «Je vais les appuyer et nous allons les réintégrer à leur rythme, ici même à Val-d’Or s’ils le désirent», a-t-il indiqué.

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