Photo: TC Media - Archives Le Centre communautaire islamique de Brossard, sur le boul. Grande-Allée

Même si le promoteur Nabil Warda fréquente la mosquée de Brossard, le Centre communautaire islamique du secteur a confirmé au Brossard Éclair qu’il se dissociait complètement d’un éventuel projet résidentiel pour musulmans en Montérégie.

«Il n’y a aucun projet; c’est simplement une idée de Nabil Warda qui n’a rien à voir avec le Centre communautaire islamique (CCI) de Brossard, précise d’emblée le président du conseil d’administration, Mohamed Yacoub. C’est un citoyen de Brossard qui a pensé à quelque chose et qui a lancé l’idée. Ça n’a jamais été un projet qui nous a été présenté.»

Selon ce que rapportait Radio-Canada le 14 novembre, Nabil Warda souhaiterait réunir 100 familles musulmanes dans un projet de développement résidentiel sur un terrain de 100 hectares situé à une trentaine de kilomètres de Brossard.

Une séance d’information était initialement prévue au CCI à ce sujet le 17 novembre, mais Mohamed Yacoub assure qu’elle a été annulée «puisque nous ne sommes pas au courant du projet et que le centre n’est pas en accord avec cette idée».

Questionné par le Brossard Éclair, l’instigateur du projet Nabil Warda n’a pas souhaité faire de commentaire, mais a toutefois mentionné que le projet a été mis sur la glace.

Pas d’appui de la mosquée
La mosquée de Brossard est catégorique à ce sujet: «Nous sommes en désaccord avec tout projet résidentiel qui risque de séparer les Québécois en petits clans musulmans ou autres identifications».

«Nous n’appuyons pas les projets qui ont pour objectif de diviser les Québécois musulmans du reste de la population, précise le président du C.A. Je ne pense pas qu’on peut bâtir un développement résidentiel sur les bases de la religion.»

Attiser les réactions négatives
Mohamed Yacoub ajoute que ce genre de projet ne peut qu’attiser les réactions négatives envers les musulmans au sein de la population québécoise et canadienne.

«Nous ne voulons pas être associés à ce genre de projet, si jamais ça s’avère être un projet de ghetto. Et pour les musulmans qui veulent acheter des maisons, il y a en plein, des maisons! Alors, pas besoin de construire un quartier pour eux.»

Si Radio-Canada mentionnait que le projet avait suscité l’intérêt de  plusieurs dizaines de familles, M. Yacoub affirme de son côté qu’il n’a pas vu une seule personne y montrer de l’intérêt à ce jour. Il qualifie les informations de la société d’État de «pure spéculation».

M. Yacoub précise que le CCI n’a jamais vu de documents explicatifs concernant le projet de Nabil Warda; simplement «une feuille de papier qui dit  » M. Warda, il veut faire ça »».

«Normalement, un projet, ça se prépare, ça se travaille. On ne peut pas commencer à faire des vagues et parler de projet si M. Warda n’a jamais fait ses devoirs. Même s’il a un projet entre les mains, s’il s’avère que c’est un projet qui va diviser la communauté du reste du Québec, nous ne l’appuierons jamais!»

Ce qu’ils ont dit à propos d’un éventuel quartier résidentiel musulman
«Il ne serait pas acceptable que des immeubles soient vendus sur la base de valeurs religieuses ou de quelques autres types de discrimination. Ce projet ne pourrait pas tenir la route car il va à l’encontre de la Charte des droits et libertés du Québec. Encore une fois, ça met sur la sellette la communauté musulmane.»

Gaétan Barrette, député de La Pinière
«Les valeurs de la société québécoise doivent avoir préséance sur l’ensemble du territoire du Québec et nous ne devons faire aucune exception au nom de croyances religieuses. Peu importe de quelle communauté religieuse il s’agit, ce n’est pas vrai qu’on va accepter que certains aillent s’isoler pour vivre selon des valeurs religieuses et imposer ces valeurs à ceux qui veulent s’établir au même endroit.»

Nathalie Roy, députée de Montarville
«Il n’est pas question de faire de la discrimination. La discrimination, cela va dans tous les sens. L’inclusion va dans tous les sens. On favorise la mixité de l’habitation,  autant pour les communautés culturelles que les religions. C’est fondamental pour nous.»

Philippe Couillard, premier ministre du Québec
«Nous n’avons pas les détails de ce projet et tout ce que nous en connaissons, c’est ce qui a été communiqué dans les médias. Nous comprenons que ce projet ne serait pas réalisé à Brossard. Nous n’avons jamais été approchés et aucune demande de permis ne nous a été transmise concernant ce projet.»

Paul Leduc, maire de Brossard
«Je ne veux pas de ghetto. Nous sommes une région qui accueille beaucoup de travailleurs étrangers (mexicains et guatémaltèques). Je suis pour la diversité des cultures, des gens, le tout dans le respect. On n’empêche personne de venir s’établir chez nous, au contraire.»

Sylvie Gagnon-Breton, mairesse de Saint-Rémi
«Sur la Rive-Sud, les communautés musulmans sont en croissance et il y a des gens qui veulent profiter de cette présence pour les amener dans cette stratégie d’isolement. J’y suis totalement opposée et je l’étais bien avant même d’être en politique. C’est une question de philosophie pour moi.»

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