Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS La vérificatrice-générale Guylaine Leclerc

Les program­mes de réinsertion sociale des détenus et prévenus présentent d’importantes lacunes, a relevé la vérificatrice générale (VG) du gouvernement du Québec, Guylaine Leclerc, dans un rapport publié mercredi.

Mme Leclerc fait état de retards dans les évaluations des détenus, qui sont aussi souvent incomplètes ou incohérentes. «Il y a beaucoup de lacunes sur le plan de la réinsertion sociale, à toutes les étapes du dossier, a-t-elle soutenu en conférence de presse. Il y a des mises en œuvre de programmes inadéquates, des programmes qui ne sont pas fournis dans certains établissements.»

Le ministère de la Sécurité publique (MSP) accuse donc un important retard en ce qui a trait à la réinsertion sociale. «Je ne peux pas vous dire quels sont les plus grands impacts, a avoué Mme Leclerc. Mais une des choses les plus importantes, c’est qu’on ne sait pas si ça fonctionne.» La VG déplore qu’aucune analyse du taux de récidive ne soit effectuée, ce qui ne permet pas de savoir si les programmes sont efficaces.

À même le rapport, le MSP a répondu que certains programmes étaient déjà en cours d’évaluation, notamment le programme d’achats de programmes, «qui peut intégrer à la fois des services d’hébergement, d’accompagnement ou des activités de sensibilisation de gestion de la colère et de traitement pour les délinquants sexuels et les toxicomanes».

Déjà, en 2001, un rapport gouvernemental recommandait de créer un dossier électronique unique pour les détenus et prévenus. «Actuellement, ce sont des dossiers papier avec des notes manuscrites. C’est assez surprenant», s’est étonnée la VG.

Le suivi des personnes contrevenantes est également déficient. «Le MSP ne respecte pas la fréquence des contrôles qu’il s’est fixée pour s’assurer du respect des conditions imposées au cours des peines d’emprisonnement avec sursis», et ce, dans 78 % des cas, peut-on lire dans le rapport.

Mme Leclerc a aussi déploré les nombreux reports d’audience de libération conditionnelle, à cause de problèmes «faciles à régler, par exemple en ayant toute la documentation nécessaire avant la présentation». Près de 30 % des audiences sont reportées.

En chambre, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’est contenté de dire qu’il évaluerait les recommandations de la VG. «Les chiffres qui sont présentés là ne sont pas les chiffres auxquels on aspire, et donc, on va travailler pour améliorer la situation», a-t-il indiqué.

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