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Marijuana: les pédiatres veulent protéger les ados

Photo: Robert F. Bukaty

TORONTO — La Société canadienne de pédiatrie (SCP) demande au gouvernement fédéral de prendre des mesures pour protéger les enfants et les adolescents s’il concrétise son projet de légaliser la marijuana à des fins récréatives, l’an prochain.

Dans un document de principe publié jeudi, la SCP recommande que l’âge légal pour acheter de la marijuana corresponde à celui autorisé pour acheter des produits du tabac (18 ou 19 ans, selon le lieu de résidence). La SCP recommande également de limiter la teneur en THC des produits que les jeunes de 18 à 25 ans peuvent consommer en toute légalité.

Le THC, ou tétrahydrocannabinol, est le principal ingrédient psychoactif de la marijuana.

Selon l’une des auteurs principaux du document de principe, Christina Grant, plusieurs risques sont associés à la consommation de marijuana récréative chez les jeunes, incluant des effets importants sur le développement neurologique du cerveau. Elle souhaite donc que l’imposition d’une limite de concentration de THC avant l’âge de 25 ans permette de réduire certains de ces risques.

On estime qu’un jeune sur six qui consomme du cannabis à l’adolescence répond aux critères de dépendance, ce qui peut avoir des impacts importants sur sa vie quotidienne, notamment dans ses études, ses relations et ses intérêts dans les activités sociales, comme les sports.

Réduire ou cesser sa consommation de marijuana peut causer des symptômes de sevrage, comme l’irritabilité, la colère, l’agitation et des troubles du sommeil. Les symptômes physiques incluent les douleurs abdominales, la fièvre, les frissons et les maux de tête. Mais ce qui inquiète encore plus la docteure Grant est que la consommation abusive ou régulière de cannabis peut, dans certains cas, provoquer des symptômes psychotiques tels que la dépersonnalisation, la déréalisation, l’euphorie onirique, la désorientation, le délire, les hallucinations et l’idéation paranoïde.

Le docteur Bernard Le Foll, du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM) à Toronto, croit lui aussi que les jeunes devraient être protégés de l’exposition au cannabis en raison des dangers que sa consommation représente pour leur cerveau en développement et leur santé mentale.

Le CTSM n’appelle cependant pas à la réduction de la teneur en THC dans les produits destinés aux jeunes adultes. Le docteur Le Foll craint en effet que cette mesure puisse faire en sorte que les 18-25 ans consomment une plus grande quantité de cannabis pour obtenir un meilleur effet ou qu’ils se tournent vers le marché noir.

La Société canadienne de pédiatrie a également souligné la crainte que les jeunes choisissent de prendre le volant après avoir consommé du cannabis parce qu’ils ne réalisent pas que leurs facultés sont affaiblies par cette drogue, et encore plus s’ils la combinent avec de l’alcool.

La SPC voudrait aussi qu’Ottawa adapte les règles antitabac pour y inclure la consommation de cannabis, de sorte qu’il serait interdit d’en fumer dans des endroits publics ou dans les voitures en présence d’enfants.

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