OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déposé jeudi en Chambre un projet de loi visant à faciliter la construction de passages à niveau permettant de traverser les voies ferrées que le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a qualifié de «pas nécessaire».

La mesure législative C-322 accorderait au titulaire du ministère fédéral des Transports le pouvoir d’ordonner aux compagnies ferroviaires de construire ces traverses et d’autoriser des subventions pour ces projets.

La députée néo-démocrate Hélène Laverdière a souligné qu’en l’absence de ces passages, des piétons et des cyclistes mettent leur vie en danger en choisissant de traverser les rails à des endroits non sécuritaires plutôt que d’opter pour des détours qui sont parfois longs.

«À Montréal, il y a un consensus. Tout le monde demande l’établissement de passages à niveau, mais le Canadien Pacifique fait la sourde oreille», a soutenu la députée de Laurier—Sainte-Marie en conférence de presse au parlement.

Selon Mme Laverdière, il y aurait entre six et neuf endroits à Montréal où la construction de passages sécuritaires s’impose. Plusieurs se trouvent à l’intérieur ou à proximité de la circonscription de Rosemont—La Petite-Patrie, que représente son collègue Alexandre Boulerice.

Ce dernier a exhorté le gouvernement fédéral à agir face à cette réelle «préoccupation» des citoyens montréalais «qui sont freinés dans leur déplacement par cette espèce de cicatrice urbaine qu’est cette voie ferrée du Canadien Pacifique».

«On espère qu’on va avoir, comme on a à Montréal, un consensus à la Chambre des communes pour qu’on puisse prendre des mesures pour le bien des gens, pour le transport actif, pour la sécurité publique», a ajouté M. Boulerice.

Le Bloc québécois soutient C-322 dans sa mouture actuelle. Le Parti conservateur, de son côté, veut prendre le temps d’étudier le projet de loi et d’en discuter en caucus avant de prendre une décision. Au Parti libéral, la mesure législative devrait faire l’objet d’un vote libre.

Le principal concerné par ce projet de loi, Marc Garneau, semble déjà avoir fait son nid, disant considérer que la proposition législative en provenance du camp néo-démocrate n’est tout simplement «pas nécessaire».

«Quand une municipalité ou un groupe veut créer un passage à niveau au-dessus d’un chemin de fer, ils peuvent aller voir l’Office des transports du Canada et faire la demande», a-t-il indiqué en mêlée de presse dans le foyer des Communes.

«C’est un organisme qui se spécialise dans ces choses-là. On a déjà quelque chose en place et c’est mieux de s’en servir», a enchaîné M. Garneau, rappelant que traverser les voies là où aucun passage n’est aménagé, «c’est non seulement dangereux, c’est illégal».

La réaction du ministre a été accueillie avec déception par le conseiller municipal du Mile-End pour Projet Montréal, Richard Ryan, qui réclame depuis des années la construction de passages sur la voie ferrée qui scinde son quartier.

«Je m’attends à ce que M. Garneau ait un peu plus d’ouverture, qu’il accueille favorablement et de façon non partisane (le projet de loi C-322). Dans le fond, on veut lui remettre du pouvoir pour qu’il puisse prendre une décision, pas se cacher en arrière de l’Office», a-t-il dit.

Car dans un quartier comme le Mile-End, un «pôle d’emploi en pleine effervescence», la lenteur des démarches auprès de l’Office des transports «empêche un sain développement économique, parce qu’il est question de la mobilité de la main-d’oeuvre».

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