THE CANADIAN PRESS Kellie Leitch

OTTAWA — Au tour de la candidate à la chefferie conservatrice Kellie Leitch de se prononcer sur l’avenir de CBC/Radio-Canada. Un avenir qui ne serait pas particulièrement reluisant pour la société d’État sous sa gouverne.

Au lendemain d’une annonce de son rival Maxime Bernier à ce sujet, la députée ontarienne a signalé, dans un communiqué de presse, qu’elle opterait pour une solution encore plus radicale en «démantelant» carrément le radiodiffuseur public.

Celle qui dénonce régulièrement les «élites médiatiques» depuis le début de sa campagne a soutenu que si elle était élue première ministre du Canada, elle maintiendrait seulement «la partie qui (diffuse) des alertes urgentes» dans les régions éloignées et rurales.

La candidate Leitch écrit que les contribuables ne devraient pas avoir à payer pour maintenir le navire radio-canadien à flot et se présente comme la seule aspirante à la chefferie conservatrice qui se «tiendra debout devant les médias sur cette question».

«Tout comme dans le secteur privé, si une entreprise n’est pas compétitive et n’est pas profitable, elle ne devrait pas être en affaires (…) Les jours de distorsion contribuable-CBC/SRC (…) sont comptés», a-t-elle tranché.

L’ancienne ministre de la Condition féminine juge que le plan dévoilé la veille par Maxime Bernier ne va pas assez loin.

Le député de Beauce a annoncé qu’il souhaitait voir le radiodiffuseur public se «recentrer sur son mandat», revoir sa structure de financement et annuler les 150 millions $ supplémentaires annuels annoncés par les libéraux.

«On mesure l’envergure d’un vrai conservateur dans ses efforts à faire reculer les frontières de l’État, comme l’avait si bien décrit cette ex-grande première ministre britannique, Margaret Thatcher», a nargué l’ancienne ministre dans son communiqué.

Figure politique peu connue du grand public, Kellie Leitch est apparue sur le radar médiatique lorsqu’elle a formulé sa controversée proposition de filtrer les «valeurs anticanadiennes» chez les candidats à l’immigration au Canada.

Sa suggestion a été désavouée par de nombreux candidats à la succession de Stephen Harper.

Celle sur CBC/Radio-Canada a plu à l’un de ses adversaires dans cette course, le député saskatchewanais Brad Trost, qui a réitéré jeudi sur Twitter son appel à la privatisation de la société d’État. Il avait déposé en septembre dernier un projet de loi d’initiative parlementaire allant en ce sens.

Un autre député qui brigue la direction du parti, l’Albertain Deepak Obhrai, a par ailleurs quant à lui déclaré dans un communiqué publié quelques heures après celui de Kellie Leitch qu’il ne devrait pas revenir aux politiciens de se prononcer sur l’avenir du radiodiffuseur public.

Selon lui, cet enjeu est soulevé dans le cadre de la course à la direction car «plusieurs Canadiens sentent que dans le passé, la couverture de la CBC a été biaisée». Il propose une approche «plus canadienne», soit la mise sur pied «d’un groupe de travail qui se pencherait sur l’avenir» de la société d’État.

Les prises de position de Mme Leitch et de M. Bernier prouvent qu’on assisterait à un «retour des coupes conservatrices» si la formation reprenait le pouvoir en 2019, a commenté l’attaché de presse de la ministre Mélanie Joly, responsable de CBC/Radio-Canada.

Le gouvernement libéral, de son côté, est «fier» d’avoir réinvesti 675 millions $ sur cinq ans dans son budget inaugural pour moderniser et revitaliser la société d’État, a souligné Pierre-Olivier Herbert, jeudi.

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