QUÉBEC — Les avocats et notaires du gouvernement ont déclaré lundi qu’ils sont ouverts à la négociation même s’ils réclament un nouveau mode de négociation qui permettrait le recours à l’arbitrage.

Le président du syndicat qui les représente, Jean Denis, a ainsi répondu au premier ministre Philippe Couillard, qui a fermé la porte à leur demande la semaine dernière.

Amorçant une sixième semaine de grève, Les Avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ) ont répété lundi que le gouvernement doit reconnaître, comme c’est le cas ailleurs au Canada, leur statut particulier.

Dans une conférence de presse, M. Denis a affirmé que le syndicat a posé un geste d’ouverture en se prononçant en faveur du recours à la négociation avant l’arbitrage.

«On s’était fait dire non à plusieurs reprises et on s’est dit qu’on allait arrêter de toujours dire la même chose, on va aller les voir et on va mettre de l’eau dans notre vin, a-t-il dit. Maintenant ils sont censés nous revenir aujourd’hui, ils ont dit qu’ils étudiaient nos propositions.»

LANEQ a fait cette proposition au gouvernement la semaine dernière et les syndiqués attendaient une réponse lundi, mais en vain.

Aux journalistes, M. Denis a expliqué que les 1100 syndiqués espèrent que le gouvernement sera disposé à discuter d’un nouveau mode de négociation, ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici.

«Nous souhaitons donc avoir la chance d’en discuter sérieusement à la table de négociations», a-t-il dit.

L’objectif est de débattre de cette revendication qui est au coeur du conflit de travail, amorcé parce que les juristes du gouvernement estiment que le mode de négociation actuel est «malsain».

LANEQ, dont les membres sont en grève depuis le 24 octobre, plaide que la façon de procéder actuellement met en péril l’indépendance de ses membres parce qu’ils font partie intégrante du système de justice québécois.

Selon le syndicat, la grève met en péril la «sécurité juridique» de l’État, alors que seulement 20 cadres et quelques avocats assurent les services essentiels, produisent des avis juridiques et continuent de faire avancer les dossiers.

Lundi, le cabinet du président du Conseil du trésor, Carlos Leitao, a affirmé que le gouvernement souhaite conclure une entente négociée avec les juristes.

«Le régime de négociation actuel ne porte pas atteinte à la primauté du droit, qui est le même depuis toujours, et n’empêche nullement de renouveler les conditions de travail, a-t-on indiqué. Nous sommes disponibles pour négocier.»

Les membres de LANEQ ont voté un nouveau financement du fonds de grève qui devrait permettre un débrayage «au moins» jusqu’au 28 décembre, a indiqué M. Denis.

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