MONTRÉAL — Les trois présidents des principales centrales syndicales du secteur public ont dénoncé, lundi, la fusion forcée des accréditations syndicales dans la santé et les services sociaux ainsi que les tensions inutiles que cela cause entre leurs syndicats.

Louise Chabot, de la CSQ, et Jacques Létourneau, de la CSN, ont tous deux assisté lundi à la première journée du congrès de la FTQ, qui se tient toute la semaine à Montréal.

Dans son allocution d’ouverture, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a abordé cette question des fusions forcées de syndicats dans la santé, dont tout le monde se serait passé, selon lui.

«Jamais le mouvement syndical québécois n’a souhaité une si grande entreprise de maraudage. Personne n’en sortira gagnant», a-t-il tonné.

«Nous avons besoin d’une FTQ forte, d’une CSN forte et d’une CSQ forte», s’est-il exclamé.

Ces fusions d’accréditations syndicales sont provoquées par la fusion des établissements de santé, imposée par une loi du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Celle-ci a forcé la fusion de plus de 180 établissements du réseau dans l’ensemble du Québec.

Une période de maraudage a présentement cours dans les établissements de santé et de services sociaux. Le vote d’allégeance syndicale aura lieu du 30 janvier au 24 février.

En entrevue avec La Presse canadienne, Louise Chabot a renchéri. «Quand on parle de liberté d’association, là on se retrouve dans un contexte totalement forcé, où un employeur vient nous dire ‘moi, je fais une grande réorganisation du réseau, il va y avoir juste un CIUSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) pour un grand territoire. Et bien il y aura juste un syndicat par catégorie (d’emploi)», a résumé Mme Chabot.

Et cela oblige les syndicats à se faire compétition pour attirer des membres, à leur grand déplaisir.

«Ça va redéfinir complètement la notion de vie syndicale, parce que ça va être des syndicats qui vont couvrir plein d’établissements sur un grand territoire, de Dolbeau à La Baie ou de Thetford à Montmagny, a expliqué à son tour Jacques Létourneau, président de la CSN. En termes d’application locale, ça va être quelque chose qui va obliger les employeurs et les syndicats à redéfinir comment on gère la liste de rappel et comment on gère l’abécédaire du travail quotidien dans un hôpital en termes d’organisation du service et d’organisation du travail.»

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