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MONTRÉAL — La situation des salariés de l’administration publique québécoise est demeurée relativement stable par rapport à leurs pairs du secteur privé au cours de la dernière année.

C’est l’un des aspects du portrait annuel de la rémunération des employés de l’administration québécoise dévoilé mercredi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Si les travailleurs du secteur public gagnent moins cher que dans le privé, ils peuvent néanmoins se consoler avec leurs bénéfices marginaux plus importants.

Voici certains des principaux constats dressés par l’ISQ dans son rapport «Rémunération des salariés, État et évolution comparés 2016».

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Un retard salarial de 10,9 pour cent:

En 2016, le salaire moyen d’un employé de l’administration publique s’est établi à 47 466 $, comparativement à 52 647 $ pour un travailleur du secteur privé. Cet écart est toutefois comblé lorsque l’on tient compte de la rémunération globale, qui inclut des avantages sociaux comme les contributions de l’employeur au régime de retraite et du «temps chômé payé».

L’ISQ compare des catégories comme les professionnels, techniciens, employés de bureau, de services et ouvriers.

Si l’on tient uniquement compte des salaires, les employés du secteur public sont en retard par rapport à toutes les autres catégories d’employés avec lesquelles ils ont été comparés: administration municipale, universitaire, privé syndiqué et non syndiqué, notamment.

Des semaines moins longues:

À 35,9 heures, la semaine de travail des employés de l’administration publique est un peu plus courte que leurs pairs du privé, à 37,9 heures. Dans le public, la moyenne hebdomadaire de présence est de 29,9 heures, par rapport à 33 dans le privé.

«Cela s’explique entre autres par des congés de maladie utilisés, les congés annuels, congés mobiles et vacances annuelles», explique Patrice Gauthier, directeur des statistiques du travail et de la rémunération à l’ISQ.

Ces heures «chômées payées» représentent en moyenne 16,7 pour cent du salaire des travailleurs de l’administration publique, par rapport à 13,2 pour cent dans le privé, souligne le rapport de l’ISQ.

Un portrait qui a des limites:

Par exemple, dans le secteur public, l’agence statistique québécoise n’inclut pas les enseignants et les infirmières faute d’un échantillon comparable dans le secteur privé. De plus, on exclut également les employés qui travaillent dans les sociétés de moins de 200 employés, et ce, même si la majorité des entreprises québécoises sont des petites et moyennes entreprises.

«La couverture des entreprises est d’environ 30 pour cent, explique M. Gauthier. Les secteurs comme le commerce de détail, l’hôtellerie et la restauration représentent beaucoup d’emplois pour lesquels il n’existe pas beaucoup de postes comparables dans le secteur public.»

De plus, l’ISQ ne tient pas compte de l’avantage des régimes de retraite à prestations déterminées des fonctionnaires, alors que dans le privé, les régimes à cotisations déterminées sont de plus en plus la norme. Le rapport ne calcule que le déboursé effectué par l’employeur pour le régime de retraite, soit 7,6 pour cent du salaire dans le secteur public, contre 7,4 pour cent du côté du privé.

L’écart se creuse à long terme:

L’Institut de la statistique confirme également que la situation de l’administration québécoise s’est détériorée depuis 2009.

Ainsi, en 2009, les employés de l’administration québécoise affichaient un retard salarial de six pour cent par rapport à ceux du privé. Cet écart en défaveur des employés de l’administration québécoise était rendu à 10,9 pour cent en 2015. En ce qui a trait à la rémunération globale, l’avance de 3,6 pour cent du secteur public a progressivement reculé pour atteindre la parité en 2016.

Réactions syndicales:

Dans un communiqué conjoint, la FTQ, la CSN et la CSQ ont souligné que le salaire global des employés du secteur public avait reculé de 9,3 pour cent en 2016 par rapport à celui des autres salariés québécois — administration municipale, universitaire, privé syndiqué et non syndiqué.

Les trois centrales syndicales ont estimé que cette situation était un «obstacle à l’attraction et à la rétention de la main-d’oeuvre au sein des services publics québécois».

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