Darryl Dyck/La Presse canadienne

TORONTO — Scarlett Ballantyne se demande si le projet du gouvernement fédéral de légaliser la marijuana incitera davantage ses filles âgées de 14 et 16 ans à en faire l’essai. Mais elle préfère ne pas attendre de le savoir.

Mme Ballantyne, qui réside en Colombie-Britannique, affirme avoir discuté des dangers des drogues avec ses filles depuis qu’elles ont l’âge de 13 ans, et dit avoir l’impression que leur génération «fait peu de cas» de la marijuana.

«En tant que parents, il s’agit de leur faire réaliser que c’est majeur», a-t-elle fait valoir depuis son domicile de White Rock, au sud de Vancouver.

«Il y a une raison pour laquelle (la marijuana) n’a pas été légale, et peu importe mes sentiments personnels, le fait est qu’elles sont encore mineures. Elles sont trop jeunes pour fumer la cigarette, elles sont trop jeunes pour fumer de la marijuana, elles sont trop jeunes pour boire de l’alcool. Et il y a une raison pour ces règles», a poursuivi Mme Ballantyne.

Plusieurs questions demeurent en ce qui a trait aux restrictions que pourrait imposer le gouvernement fédéral lorsqu’il déposera le projet de loi l’an prochain pour légaliser l’usage récréatif de la marijuana.

D’ici là, des experts font valoir que les parents devraient être préparés à répondre à toutes questions que pourraient avoir leurs enfants — mais sans attendre de trouver un joint dans leur chambre.

Il n’est jamais trop tôt pour ouvrir le dialogue, souligne Cindy Andrew, du centre de recherche sur les dépendances à l’Université de Victoria.

L’important est de maintenir un lien de confiance.

Selon Mme Andrew, qui aide les écoles à élaborer des programmes d’éducation aux drogues, une approche «moraliste et axée sur la peur» pourrait difficilement porter ses fruits aujourd’hui.

Maintenir la relation

Beverley Cathcart-Ross, coauteure de «Raising Great Parents», a indiqué qu’il était important de laisser savoir aux préadolescents qu’ils peuvent toujours se tourner vers leurs parents s’ils se retrouvent mal pris ou succombent à la pression des pairs.

La spécialiste établie à Toronto, fondatrice de Parenting Network, a par ailleurs conseillé d’inciter les enfants plus âgés à s’ouvrir en posant beaucoup de questions et en leur accordant un temps d’écoute équivalent.

«Si vous avez donné votre opinion à trois reprises, et que les comportements perdurent, il est temps d’essayer autre chose», a-t-elle fait valoir.

Ce fut le cas d’un père de Toronto, qui a relaté sous le couvert de l’anonymat avoir été frappé à la tête par une planche de bois de construction après avoir trouvé une cachette de marijuana dans la chambre de son fils de 16 ans.

L’homme et sa femme ont confisqué à leur fils sa pipe et sa drogue, mais le garçon a continué à fumer, et les disputes se sont poursuivies.

Après avoir demandé conseil à Mme Cathcart-Ross, la famille en est venue à une entente: pas de consommation dans la maison, pas d’amis consommant dans la maison et pas d’utilisation d’une voiture avec les capacités affaiblies. Les parents ont accepté que leur fils fume dans la remise.

«Notre principe directeur était de maintenir une relation, de lui faire remarquer son comportement et de lui dire que nous n’apprécions pas», a dit le père, ajoutant que son fils avait éventuellement cessé de consommer, et qu’il s’apprêtait à obtenir son diplôme de l’Université Queen’s l’an prochain.

La Société canadienne de pédiatrie a souligné récemment que le cerveau continuait à se développer après l’âge de 20 ans et que le cannabis pouvait provoquer des modifications fonctionnelles et structurelles du cerveau. L’organisation a aussi prévenu que les grands consommateurs étaient à risque de problèmes de santé mentale plus tard dans leur vie.

Le mois dernier, la Société canadienne de pédiatrie a appelé le gouvernement fédéral à interdire la vente aux jeunes âgés de moins de 18 ou 19 ans, selon l’endroit où ils résident au Canada, pour s’aligner avec les restrictions d’âge dans la vente des produits du tabac et d’alcool.

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