TORONTO — Une organisation ayant contribué à innocenter plus de 20 Canadiens injustement condamnés pour des crimes graves recevra une aide bien nécessaire qui lui permettra de recommencer à accepter de nouveaux dossiers.

Innocence Canada, qui avait annoncé en septembre qu’elle devait suspendre tout nouveau projet et effectuer des mises à pied après le refus d’Ottawa de lui accorder une aide financière, obtiendra 275 000 $ par année pendant trois ans de la part du gouvernement de l’Ontario, a annoncé mardi le procureur général de la province, Yasir Naqvi.

De plus, le Barreau du Haut-Canada a accepté d’ajouter 25 000 $ par année pour aider l’organisation à survivre.

Debbie Oakley, directrice générale d’Innocence Canada, a raconté en entrevue, mardi, que M. Naqvi avait exprimé son inquiétude devant la réduction importante des activités du groupe. Elle s’est dite soulagée et enchantée de ce nouveau financement.

L’organisation doit encore trouver 150 000 $ par année en dons de charité et devra analyser en profondeur ses activités, et notamment déterminer comment faire avancer les dossiers plus rapidement, a indiqué Mme Oakley.

Innocence Canada est la seule organisation à but non lucratif du pays qui s’occupe à temps plein des dossiers de personnes potentiellement condamnées injustement, et ce, de manière indépendante des gouvernements et des universités. Des avocats font actuellement don d’environ 3,5 millions $ par année en temps alloué gratuitement aux dossiers complexes, mais une partie du travail doit être effectué à l’interne, a expliqué Mme Oakley.

En annonçant le financement, M. Naqvi a déclaré que l’organisation était importante pour l’accès à la justice.

«Innocence Canada joue un rôle important dans notre système de justice en défendant les droits des personnes susceptibles d’avoir été injustement condamnées, mais qui ne peuvent pas se permettre un avocat», a-t-il rappelé par communiqué.

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Depuis sa fondation en 1993, l’organisation a fait innocenter 21 personnes injustement condamnées. Voici quelques exemples:

— David Milgaard, qui a passé 23 années en prison pour le viol et le meurtre d’une infirmière de Saskatoon, Gail Miller, en 1969.

— Guy Paul Morin, qui a été soupçonné pendant 10 ans et qui a passé 18 mois derrière les barreaux pour le meurtre de Christine Jessop, neuf ans, de Queensville en Ontario, en 1984.

— William Mullins-Johnson, qui a vécu en prison pendant 12 ans pour le viol et le meurtre par étouffement de sa nièce Valin, quatre ans, de Sault Ste. Marie en Ontario, en 1993.

— Steven Truscott, qui a purgé 10 années de prison pour le meurtre de Lynne Harper, 12 ans, de Clinton en Ontario, en 1959.

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