Josie Desmarais/Métro La présidente de la CSQ, Louise Chabot

MONTRÉAL — L’année 2016 a été marquée par de nombreuses négociations de conventions collectives qui ont fait les manchettes — au premier chef l’aboutissement de l’interminable saga du secteur public.

L’entente avec le front commun représentant 400 000 syndiqués des secteurs public et parapublic avait été conclue le 17 décembre 2015. Elle avait ensuite été entérinée par les organisations membres, sauf par la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.

Cette dernière a finalement conclu son entente le 8 mars, permettant à tous de pousser un soupir de soulagement.

Cette négociation du secteur public a traditionnellement une influence déterminante sur des milliers d’autres travailleurs.

«Une fois que c’est scellé avec nous, ça vient déterminer les conditions de rémunération d’un grand nombre de travailleuses et de travailleurs au niveau paragouvernemental», a souligné au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec.

«On enclenche un processus large, pour des milliers de travailleurs du secteur public, tous secteurs confondus: santé, services sociaux, éducation, fonction publique, à un même moment. Alors c’est un exercice d’envergure (…) Ce sont les employés de l’État qui négocient avec l’État. Le gouvernement est l’employeur. C’est un exercice qui est très politique en même temps», a opiné Mme Chabot.

Postes

Au pays, les Postes ont aussi connu une laborieuse négociation, marquée par deux menaces de lock-out et une menace de grève — qui ne se sont finalement jamais concrétisées.

Mais l’incertitude qui a plané a touché des commerçants en ligne, des organismes émetteurs de chèques et a rendu des citoyens inquiets. La société de la Couronne a elle-même estimé à 100 millions $ l’incidence financière nette de cette incertitude au cours du trimestre qui s’est terminé le 1er octobre.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait prévenu qu’il n’adopterait pas de loi spéciale et avait pressé les parties de négocier et de régler leurs différends. C’est ce que le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes — 54 000 membres — et la direction de Postes Canada ont fait, avec l’aide du ministère du Travail.

Mais, signe du mécontentement qui sévit encore, l’entente de principe a été entérinée par de faibles majorités, soit 55 pour cent pour les facteurs ruraux et suburbains et 63 pour cent pour les facteurs urbains.

Cette négociation aux Postes a d’ailleurs tellement traîné en longueur qu’une nouvelle négociation devra être entreprise en juin pour la prochaine convention collective.

Ambulanciers

Les 3600 ambulanciers paramédicaux, répartiteurs et employés de soutien de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN se sont également lancés dans une négociation des conventions collectives avec les entreprises ambulancières — dans les régions du Québec — et avec Urgences-santé, à Montréal et Laval.

Après avoir obtenu de forts mandats de grève générale illimitée, la FSSS-CSN avait prévu lancer le mouvement les 16 et 17 décembre.

Mais, coup de théâtre, juste avant de comparaître devant le tribunal pour discuter des services essentiels à maintenir durant la grève, elle a finalement changé son fusil d’épaule. Elle retournera finalement devant ses membres d’ici la mi-janvier pour solliciter de nouveaux mandats de grève, mais en leur proposant d’assurer moins de services essentiels.

Juristes de l’État

De même, des avocats et notaires qui travaillent pour le gouvernement du Québec ont lancé une grève illimitée le 24 octobre, ralentissant ainsi le processus législatif et causant maintes remises devant les tribunaux.

Après près de deux mois de débrayage, ils ont reconduit à 90 pour cent leur mandat de grève. Le lendemain, le cabinet du ministre responsable de l’Administration gouvernementale les appelait pour tenir une nouvelle séance de négociation.

Résidences pour aînés

Des résidences privées pour personnes âgées un peu partout au Québec ont également été touchées par une négociation des conventions collectives, à la FTQ et à la CSN.

À la section locale 298 du Syndicat québécois des employés de service de la FTQ, 32 syndicats ont commencé un débrayage le 21 juin. En décembre, ils n’étaient plus que deux à ne pas avoir encore conclu d’entente.

Et une grande partie de ces syndiqués ont atteint ou vont atteindre le fameux salaire minimum à 15 $ l’heure dans le cadre de ce nouveau contrat de travail. Les préposés aux bénéficiaires y gagnaient en moyenne 12,50 $ l’heure.

Hôtels

Dans le secteur de l’hôtellerie, plusieurs syndicats dont la convention collective arrivait à échéance en 2016 ont pris part à une négociation coordonnée de la Fédération du commerce de la CSN.

Les syndicats qui ont réglé ont obtenu des augmentations de 3 pour cent pour la première année, puis de 3,3 et de 4 pour cent. Le contexte touristique favorable cette année les a servis. Des améliorations ont également été apportées aux vacances et aux indemnités de départ.

Services correctionnels

Les quelque 2800 agents de la paix en services correctionnels du Québec représentés par la CSN ont aussi négocié leur convention collective, mais sans en venir à une entente cette année.

La négociation devra se poursuivre en janvier. Il reste encore à régler des clauses sur le régime de retraite et la précarité d’emploi.

Ingénieurs et professionnels

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec fait partie des laissés-pour-compte du secteur public qui n’ont toujours pas conclu d’entente avec Québec pour renouveler leur convention collective, tout comme le Syndicat des professionnels du gouvernement.

Au SPGQ, on indiquait à la fin décembre qu’aucune rencontre de négociation n’était prévue, bien que celle-ci ne soit pas rompue non plus.

Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015, soit depuis bientôt deux ans.

Sages-femmes

Peu nombreuses, les 200 sages-femmes qui ont une entente de service avec la CSN ont aussi amorcé une négociation de leur contrat de travail avec le gouvernement du Québec.

Elles ont eu recours à des «actions de mobilisation» pour tenter de faire avancer leur négociation. Les principaux points en litige sont le forfait accordé pour être de garde, les primes d’attraction, les frais de déplacement, les congés sans solde pour enseigner et autres.

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