Archives | Amine Esseghir/TC Media Les techniciens de laboratoires se sont rassemblés en novembre dernier devant l'hôpital du Sacré-Cœur pour dénoncer le projet de centralisation des laboratoires d'analyses Optilab.

MONTRÉAL — Une étude sur les répercussions du projet Optilab conclut que pour les seules régions de Laurentides et de Lanaudière, les fusions de laboratoires médicaux résulteraient en des pertes d’emplois directs touchant une centaine de travailleurs dans chacune de ces deux régions.

Plus précisément, entre 113 et 127 personnes seraient touchées dans les deux laboratoires de Lanaudière et entre 133 et 176 dans les six laboratoires des Laurentides.

La recherche a été menée par l’économiste Érik Bouchard-Boulianne, qui travaille à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente notamment des syndiqués dans le secteur de la santé.

L’économiste a aussi calculé qu’Optilab causerait des pertes nettes de revenus de 13,4 à 16,5 millions $ pour les régions de Laurentides et Lanaudière.

«Ces gens-là qui habitent en région consomment une grande partie de leurs revenus en région. Ça implique aussi des emplois qu’on appelle induits, des emplois qui proviennent des dépenses des emplois directs. C’est le petit café du coin; c’est la quincaillerie où les gens allaient s’approvisionner en matériaux. C’est donc tout un écosystème économique qui est affecté», a expliqué M. Bouchard-Boulianne, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Bien que l’étude ne porte que sur les régions de Laurentides et de Lanaudière, il n’y a pas de raison de penser que ces constatations ne pourraient être appliquées à une autre région de même taille, indique l’économiste.

«Le cas qu’on a étudié, c’est celui de Laurentides et Lanaudière, mais le projet Optilab s’applique à la grandeur du Québec et il est basé sur le même principe de centralisation des activités de laboratoires. La logique et les résultats — évidemment, les chiffres changeraient — s’appliquent pour la région de la Côte-Nord, de la Gaspésie, du Bas Saint-Laurent, de la Beauce, de l’Estrie», a illustré M. Bouchard-Boulianne.

Le projet Optilab vise à centraliser les activités de laboratoires médicaux au sein de grands laboratoires serveurs, sauf pour des cas urgents. Le ministère de la Santé et des Services sociaux espère ainsi économiser des fonds qu’il réinjectera dans d’autres priorités.

Dans les régions de Laurentides et Lanaudière, les activités des huit laboratoires du territoire seraient transférées à l’hôpital Cité de la santé, à Laval.

«Les impacts économiques auraient été plus importants, n’eut été le fait que les deux régions touchées sont relativement proches géographiquement du lieu où les activités de laboratoire seront transférées. Dans plusieurs autres régions touchées par le projet Optilab, les employés de laboratoire devront inévitablement quitter la région vers le nouveau lieu de travail, entraînant des pertes nettes pour les économies régionales. Ce serait clairement le cas pour l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie, la Côte-Nord et pour plusieurs secteurs en région comme à Lac-Mégantic, à Roberval ou à Dolbeau, par exemple», a souligné M. Bouchard-Boulianne.

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus