MONTRÉAL — Dans un rapport sur les établissements de santé de la Gaspésie, le Protecteur du citoyen a bien constaté plusieurs situations «préoccupantes», «fragiles» et de la «surcharge» de travail du personnel soignant, mais pas de lacunes majeures qui lui font craindre pour la santé ou la sécurité des usagers.

Le Protecteur du citoyen vient de rendre accessible le rapport qu’il avait commandé sur le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie (CISSS).

Certaines des lacunes observées ont de quoi faire dresser les cheveux sur la tête: «au cours de l’été 2016, il a été établi que des résidents de ce milieu d’hébergement (Mgr-Ross de Gaspé) n’avaient pas reçu de bain avec immersion dans l’eau depuis plusieurs années», écrit-on dans le rapport.

De même, «dès 5h30 du matin, soit lors du quart de travail de nuit, des résidents du Centre d’hébergement de New Carlisle sont réveillés et commencent à recevoir des soins d’hygiène». Le Protecteur du citoyen conclut que dans ce cas, «la routine du personnel a nettement préséance sur le rythme des résidents».

Plusieurs syndicats représentant le personnel soignant dans la région s’étaient plaints de l’effet des compressions budgétaires et des réformes du ministère de la Santé sur la capacité du personnel de dispenser adéquatement les soins requis.

Le rapport confirme effectivement des cas de «surcharge» de travail pour le personnel, par exemple à l’unité des soins de longue durée de l’Hôpital de Chandler.

Il signale aussi une situation «des plus préoccupantes» à l’Hôpital de Maria, où 36 pour cent des séjours à l’urgence ont été de plus de 24 heures à un moment. Il parle aussi d’une situation «inquiétante» à l’Hôpital de Chandler.

Le Guide de gestion veut que les établissements doivent tolérer un maximum de 15 pour cent de séjours de plus de 24 heures à l’urgence et aucun séjour de 48 heures et plus.

Le Protecteur du citoyen a aussi souligné dans son rapport le grand dévouement du personnel, malgré sa charge de travail: une préposée qui emmène un résident avec elle à l’extérieur lors de sa pause; une préposée qui chante en accompagnant un résident vers la salle à manger; du personnel qui danse avec les résidents sur de la musique; une préposée qui replace les lunettes d’une résidente.

Reste qu’après avoir fait toutes ces constatations, il ne juge pas qu’il y ait des «lacunes importantes justifiant de craindre pour la santé et la sécurité des usagers».

Recommandations

Néanmoins, il formule 19 recommandations pour améliorer la situation, notamment pour stabiliser l’offre de soins infirmiers et permettre au personnel d’obtenir rapidement du soutien en cas de surcharge de travail.

De même, il recommande de fournir au personnel une formation spécifique sur la manière d’intervenir auprès des résidents atteints de déficits cognitifs.

Pour l’Hôpital de Maria, il recommande de diminuer la durée moyenne des séjours à l’urgence, notamment en orientant des patients vers d’autres ressources et en réduisant les délais pour les consultations et examens.

Il recommande aussi d’offrir dans chacun de ses milieux d’hébergement «une réponse diligente aux besoins de soutien et d’assistance des résidents», notamment en réalisant des audits pour vérifier le délai de réponse lorsqu’une cloche est sonnée par un résident.

Des députés péquistes de la région n’ont pas tardé à attribuer les lacunes constatées aux réformes lancées par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ainsi qu’aux compressions budgétaires imposées.

«Le rapport vient signifier l’impact de ces coupures-là», a critiqué le député de Bonaventure, Sylvain Roy, qui y a vu quelque chose de «catastrophique».

«Ce sont des cas de maltraitance organisationnelle», a pour sa part renchéri le député Harold LeBel, de Rimouski. Il citait ainsi le manque de bains et de soins et services aux personnes âgées. «Il faut réinvestir dans le réseau», a-t-il plaidé.

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