Jacques Boissinot/La Presse canadienne Gerry Sklavounos.

QUÉBEC — Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne déposera pas d’accusation contre le député Gerry Sklavounos.

Le député de Laurier-Dorion, qui avait été exclu du caucus libéral l’automne dernier à la suite d’allégations d’agressions sexuelles sur une jeune femme, a fait savoir qu’il comptait reprendre ses fonctions rapidement.

Dans un communiqué diffusé jeudi matin, le DPCP a précisé qu’après examen du rapport d’enquête produit par la police de Québec, il en est venu à la conclusion qu’aucun acte criminel n’a été commis.

Gerry Sklavounos n’a pas mis de temps à réagir à cette annonce. Dans sa page Facebook, il a écrit: «C’est avec soulagement et satisfaction que ma famille et moi avons accueilli la décision du DPCP de ne pas porter d’accusations suite aux allégations rendues publiques au mois d’octobre dernier. Dès le premier instant, j’ai maintenu mon innocence qui se voit aujourd’hui confirmée par cette décision.»

Il a aussi fait savoir qu’il compte reprendre pleinement ses fonctions le plus rapidement possible.

Incidemment, le caucus libéral est réuni jeudi et vendredi à Québec. La présidente du caucus, Nicole Ménard, a fait savoir que les discussions sur sa réintégration éventuelle auront lieu la semaine prochaine.

«J’apprends que Gerry Sklavounos est très soulagé et qu’il compte revenir à l’Assemblée nationale, donc la semaine prochaine, il y aura des discussions au caucus», a-t-elle dit sans répondre aux questions des journalistes.

En novembre, Alice Paquet avait déclaré publiquement, dans le cadre d’une manifestation à Québec, avoir été agressée en 2014 par un député libéral dont l’identité avait été révélée le lendemain.

Gerry Sklavounos, qui a clamé son innocence, a par la suite été exclu du caucus libéral et par le fait même démis de ses fonctions de leader adjoint du gouvernement, poste qu’il occupait depuis 2014.

Le DPCP a précisé qu’avant de rendre publique sa décision de ne pas déposer d’accusation, «la plaignante a été rencontrée afin de l’informer du résultat de l’analyse du dossier et de lui expliquer les motifs qui sous-tendent cette décision».

Les partis d’opposition ont commenté l’affaire. L’opposition officielle péquiste a fait savoir qu’une politique de tolérance zéro existe dans ses rangs, mais que ce sera aux libéraux de décider s’ils réintègrent M. Sklavounos.

La whip en chef de l’opposition, Carole Poirier, a laissé entendre qu’elle croit toujours Alice Paquet.

Dans une mêlée de presse à l’Assemblée nationale, elle a suggéré que les libéraux auraient dû entamer un processus de traitement des situations de harcèlement en vertu de la politique de l’Assemblée nationale contre le harcèlement, en s’adressant au répondant désigné, parallèlement à l’enquête policière.

«Pourquoi ce processus n’a pas été utilisé et on s’en est remis directement aux policiers et au DPCP?» a-t-elle demandé.

Rappelons qu’au moment des révélations d’Alice Paquet en octobre, on avait aussi mis au jour une plainte visant M. Sklavounos pour harcèlement sexuel sur une attachée de presse du gouvernement péquiste en 2013. Le whip péquiste s’était plaint à son homologue de l’opposition libérale d’alors, Laurent Lessard, qui a dit ne pas s’en rappeler.

Les péquistes avaient conclu que les libéraux étaient au courant des comportements de M. Sklavounos. Le chef du PQ, Jean-François Lisée, se disait étonné d’apprendre que les libéraux ne connaissaient pas la réputation «sulfureuse» du député de Laurier-Dorion.

Québec solidaire n’est pas prêt non plus à accorder l’absolution au député, loin de là. La députée Manon Massé a soutenu qu’il n’y a peut-être pas de preuves suffisantes pour des accusations formelles, mais que les allégations subsistent et elle croit que les agressions ont eu lieu.

«Vous ne me ferez jamais dire qu’Alice (Paquet) a menti, a déclaré Mme Massé en conférence de presse jeudi midi au parlement. On n’arrête pas de dire aux femmes: on vous croit. Bien sûr que je la crois, (Alice Paquet).»

Elle a appelé le premier ministre Philippe Couillard à un examen de conscience avant de le réintégrer dans le caucus. Elle a invité M. Sklavounos à faire aussi un examen de conscience, quant à savoir s’il peut légitimement poursuivre son mandat.

Pour sa part, la Coalition avenir Québec (CAQ) a pris acte de la décision du DPCP et s’en remet maintenant au verdict des libéraux.

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