Justin Tang Justin Tang / La Presse Canadienne

OTTAWA — Une coalition de groupes musulmans réclame des gestes concrets en réaction à la tuerie dans une mosquée de Québec.

Ces groupes veulent, entre autres, que les policiers de toutes les municipalités du pays reçoivent des formations sur les crimes haineux et que les ministères de l’Éducation de toutes les provinces ajoutent au curriculum un cours obligatoire sur le racisme systémique.

Pour souligner la nécessité de mieux former les policiers du pays, Haroon Bouazzi, de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL-Québec), a donné comme exemple la mosquée de Sept-Îles.

«Quand une personne a saccagé une mosquée, la police nous a dit « ce n’est pas un acte haineux. Il n’était pas conscient de ce qu’il faisait. » Quand une personne, dans la même mosquée, quelques semaines plus tard, a fait un trou dans le mur et a essayé de mettre le feu avec du pétrole (…), la police a attrapé la personne et, de la même manière, nous a dit que ce n’était pas un acte haineux», a-t-il raconté lors d’une conférence de presse sur la colline parlementaire à Ottawa, mercredi matin.

Par ailleurs, M. Bouazzi estime que le cours d’éthique et de culture religieuse qui se donne dans les écoles du Québec ne suffit pas.

«Ce cours-là parle de tolérance. Nous, on ne pense pas qu’on est là pour se tolérer. On est ici pour (…) construire un avenir ensemble égalitaire et juste», a exposé M. Bouazzi.

«On pourrait y ajouter explicitement la question du racisme, du sexisme, de l’homophobie, toutes les questions de domination sociale envers des groupes. Aujourd’hui, on parle de vivre ensemble sans expliquer qu’il n’y a pas de vivre ensemble possible sans véritables égalité et justice», a-t-il dit.

Une quarantaine de groupes signent une lettre ouverte qui s’adresse aux trois ordres de gouvernement.

Dans cette lettre, ils remercient tous les Canadiens pour leurs démonstrations de solidarité depuis ce dimanche 29 janvier où un homme a ouvert le feu dans une mosquée, tuant six hommes et en blessant plusieurs autres. Ils soulignent également les «paroles compatissantes de nos élus». Puis ils posent la question «Et maintenant?».

En réponse à cette question, ils recommandent de la formation pour les policiers, des publications régulières du nombre de crimes motivés par la haine, un cours dans les écoles de niveau secondaire sur le racisme, l’appui des parlementaires fédéraux à une motion dénonçant l’islamophobie et la désignation du 29 janvier comme Journée nationale du souvenir et de lutte contre l’islamophobie.

Ils prennent pour exemple le 6 décembre qui est commémoré chaque année depuis la fusillade, en 1989, à l’École polytechnique de Montréal lorsque 14 femmes avaient été tuées.

Cet événement avait donné naissance à une lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu.

«Malheureusement, la police, pour une raison obscure, ne nous donne aucune information sur les armes à feu qui ont été utilisées», a souligné M. Bouazzi pour expliquer pourquoi sa coalition n’évoque pas la question des armes dans les recommandations de sa lettre ouverte.

Puis, il a tenu à souligner que l’enquête policière et ses conclusions seront surveillées de près. «Pour l’instant, le motif haineux (…) n’a pas été retenu», s’est-il étonné.

«L’enquête n’est pas encore finie» a-t-il admis. Mais «si le motif haineux n’était pas retenu à la fin», ce serait du surréalisme, a-t-il prévenu.

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