Les cas de «fraude du président» recensé au Canada ont totalisé 13M$ en 2016, en hausse de 10% par rapport à l’année précédente, selon les chiffres du Centre antifraude du Canada.

«Souvent, la personne visée recevra un [faux] message indiquant que le dirigeant travaille à l’extérieur, et qu’il a remarqué un paiement en souffrance qui doit être effectué dans les plus brefs délais», explique Nancy Cahill, porte-parole du Centre antifraude du Canada (CAC).

Selon les données fournies par le CAC, les 136 cas de recensés en 2016 pour ce type de fraude correspondaient à des pertes moyennes de 96 000$ par entreprise touchée. Au Québec, 22 cas de fraude du président ont été enregistrés pour des pertes moyennes de 143 000$ par dossier.

«En terme d’ingénierie sociale, c’est une fraude assez sophistiquée. Pour être plus crédibles, les fraudeurs ont souvent analysé, grâce aux réseaux sociaux, les surnoms des employés visés et même le vocabulaire spécifique à l’entreprise», explique Corey Bloom, associée chez MNP un cabinet national de consultants spécialisés en comptabilité et en fiscalité basé à Montréal.

Cette dernière qui travaille dans le domaine depuis une vingtaine d’années indique que son cabinet traite plusieurs centaines de dossiers de fraude par année. Cela concerne des cas de fraude du président, mais aussi plusieurs autres types d’arnaques, notamment au niveau de la paie.

«Dans un tiers des cas de fraude environ, il y a de la collusion à l’interne. Cela implique d’aller enquêter discrètement sur place, afin d’éviter que les cas ne se répètent», ajoute-t-elle.

Chaque année, entre 5 et 6% des revenus des entreprises nord-américaines sont détournées par des fraudeurs, selon des calculs de l’Association of Certified Fraud Examiners, «un chiffre énorme et qui est en croissance, car la majorité des entreprises croient de façon erronée être suffisamment proactives dans ce domaine», croit Mme Bloom.

Selon un sondage Ipsos réalisé en janvier dernier auprès de 1100 entreprises, 90% des répondants se croient déjà bien équipés pour lutter contre la fraude, selon Corey Bloom. Parmi les mesures efficaces qui devraient être utilisÉes, elle mentionne l’audit antifraude qui débouche sur une liste des failles de l’entreprise et l’instauration d’un plan antifraude.

Autre mesure indispensable, selon elle: la formation du personnel afin d’apprendre aux employés à déceler les situations anormales où un drapeau rouge devrait être levé. «Par exemple, un appel téléphonique où le correspondant nous dit que tout ça doit rester confidentiel», mentionne la consultante.

Les fraudes les plus importantes répertoriées en 2016 par le Bureau de la concurrence du Canada

1-Fraudes amoureuses (17M$) : (Ne jamais faire de virement à une personne jamais rencontrée)

2-Fausses demandes de virement (13M$) : Établir un protocole de paiement en entreprise

3-Vols d’identité (11M$) : Ne jamais avoir sur soi sa carte d’assurance sociale

4-Fraude aux achats en ligne (8,6M$) : Utiliser un portail de paiement de type Paypal

5-Fausses offres d’emploi (5,3M$): Effectuer des recherches sur l’entreprise

6-Faux appels de Revenu Canada (4,3M$) : L’agence ne fera pas de menaces au téléphone

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