Mike McLaughlin Mike McLaughlin / La Presse Canadienne

SAINT-JÉRÔME, Qc — Baisers insistants, pincements sur les fesses, questions intimes à caractère sexuel: tel était le lot quotidien des adolescentes formées par Bertrand Charest, a soutenu jeudi une huitième présumée victime au procès pour agressions sexuelles de l’ex-entraîneur de ski alpin.

La femme a raconté au tribunal que dès l’âge de 14 ans environ, l’accusé la touchait et l’embrassait régulièrement, tout comme d’ailleurs d’autres adolescentes de l’équipe de ski alpin. Témoignant par visioconférence, elle a expliqué que l’accusé aurait renoncé à être son entraîneur si elle avait laissé paraître un malaise devant ses baisers insistants. Lorsqu’elle a semblé gênée par ses baisers, l’accusé a joué la victime et a boudé son entraînement un certain temps.

Bertrand Charest, aujourd’hui âgé de 51 ans, fait face à 57 chefs d’accusation, notamment d’agression sexuelle et d’abus de confiance, envers 12 plaignantes qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 1990.

La huitième victime présumée a aussi soutenu jeudi que Bertrand Charest lui posait des questions intimes, par exemple sur la taille de son soutien-gorge ou sur sa virginité. Elle a aussi raconté que les filles qui s’opposaient à son comportement étaient ridiculisées devant les autres parce qu’elles ne pouvaient «prendre une blague». Le comportement de l’entraîneur était ainsi normalisé, a résumé le témoin.

Les agressions présumées relatées par ce témoin auraient débuté en 1992, alors que la skieuse avait 14 ans, et auraient duré jusqu’en 1996. Bertrand Charest a été son entraîneur de 1990 à 1993. Il a été entraîneur pour l’équipe nationale féminine de ski à compter de 1996, jusqu’en 1998.

Pas de petit ami

Plusieurs plaignantes ont raconté au tribunal, depuis la semaine dernière, qu’elles avaient eu des relations sexuelles avec Bertrand Charest durant les années 1990, alors qu’elles étaient adolescentes ou jeunes femmes. L’entraîneur de ski exerçait selon elles un contrôle sur les jeunes athlètes et jouait avec leurs sentiments, pour les manipuler.

Les agressions alléguées auraient eu lieu au Québec, à Whistler, en Colombie-Britannique, en Europe, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Lors de son interrogatoire à la police, Bertrand Charest a admis qu’il était tombé follement amoureux de deux des plaignantes mais qu’il n’aurait jamais rien fait sans le consentement de ses partenaires.

Le témoin de jeudi a aussi soutenu que l’entraîneur interdisait à ses élèves d’avoir des fréquentations amoureuses, et qu’il cultivait la rivalité et la jalousie entre les filles, en se moquant d’elles et en les comparant les unes aux autres. La femme a estimé que son assurance et son bien-être dépendaient totalement de l’accusé. Sa carrière en a ensuite souffert car lorsqu’elle a commencé à s’entraîner avec quelqu’un d’autre, elle a cru qu’elle ne pourrait pas skier sans Bertrand Charest.

Elle croyait à l’époque que son entraîneur était un bon ami mais avec le recul, elle estime aujourd’hui que cette relation n’était pas saine. Cet homme était censé remplacer les parents et protéger les filles lors de déplacements au bout du monde, a-t-elle rappelé au tribunal.

Le procès devant juge seul, amorcé la semaine dernière et qui devrait durer un mois, se poursuivra vendredi, au palais de justice de Saint-Jérôme, au nord de Montréal. Bertrand Charest est détenu depuis son arrestation en mars 2015.

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