SPVM Hisham Saadi

MONTRÉAL — Hisham Saadi, l’homme accusé d’avoir déclenché une fausse alerte à la bombe à l’Université Concordia, a obtenu, vendredi, une libération sous caution rattachée à une longue liste de conditions.

L’homme de 47 ans fait face à trois chefs d’accusation relativement à l’incident du 1er mars: méfait, profération de menaces et incitation à craindre des activités terroristes.

La juge de la Cour du Québec Nathalie Fafard a rendu sa décision au palais de justice de Montréal, après avoir entendu les arguments de la défense et de la Couronne. La preuve présentée ainsi que les témoignages entendus lors de l’audience sur remise en liberté sont marqués d’un interdit de publication.

Trois pavillons de l’université anglophone, dans le centre-ville de Montréal, avaient dû être évacués durant plusieurs heures, après que l’établissement eut reçu ce qu’il avait qualifié d’alertes à la bombe ciblant des étudiants musulmans. Le Service de police de la Ville de Montréal avait fouillé les pavillons, en vain.

Hisham Saadi a retrouvé sa liberté sous 16 conditions, dont le versement d’une caution de 10 000 $. Deux proches de l’accusé se sont engagés à débourser la moitié du montant exigé.

M. Saadi pourra seulement naviguer sur Internet sous la supervision de ses deux répondants. Il doit respecter un couvre-feu et se présenter à un poste de police chaque semaine.

La juge Savard lui a également interdit la possession d’armes, la consommation de substances illicites, de même que tout contact avec un établissement universitaire quelconque. Il pourra seulement s’approcher à moins de 100 mètres d’une université lorsqu’il emprunte le métro.

M. Saadi devra rencontrer un psychiatre, prendre ses médicaments et se soumettre à une évaluation de responsabilité criminelle en tant que patient externe à un hôpital psychiatrique montréalais.

Détenu depuis son arrestation, au lendemain de l’incident, l’accusé a dû remettre ses passeports aux autorités avant de retrouver sa liberté.

Un de ses amis, qui n’a pas voulu être identifié pour des raisons de sécurité, a assuré aux journalistes que les membres de son entourage étaient prêts à lui apporter tout leur soutien.

«Ça a été très difficile pour lui, sur le moral, a-t-il lancé. C’est la première fois qu’autant de gens le pointent du doigt.»

La procureure de la Couronne, Lucie Martineau, a dit accepter la décision de la juge, bien qu’elle s’opposât initialement à la libération de M. Saadi.

La cause reviendra devant le tribunal le 20 avril.

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