Élaine Nicol/TC Media Jacques Duchesneau

L’arrivée de Jacques Duchesneau à la tête de la formation du Bureau de l’intégrité professionnelle et administrative (BIPA) n’a pas pris de temps à avoir des effets positifs.

«Dès l’annonce, j’ai reçu de nombreux courriels et textos et l’hôtel de ville de Saint-Jérôme a reçu de nombreux appels de citoyens qui se disaient très heureux», a souligné Jacques Duchesneau. Il indique qu’une ligne téléphonique doit être mise en place pour permettre aux citoyens de dénoncer des situations en toute confidentialité. «Nous avions prévu l’implanter d’ici deux mois, mais étant donné que beaucoup de gens veulent nous parler, nous allons le faire le plus rapidement possible», a souligné M. Duchesneau.

Le BIPA disposera d’un budget de 1 M$ par année, et le salaire de Jacques Duchesenau sera de 123 000$. «L’objectif, au-delà de l’argent à récupérer, est la justice et de s’assurer d’arrêter l’hémorragie afin que ça ne se reproduise plus jamais», confie l’inspecteur Duchesneau qui relèvera directement du directeur du Service de police de la Ville de Saint-Jérôme.

À ceux qui trouvent qu’un million de dollars par année pour contrer la corruption est un gros montant, Jacques Duchesneau donne l’exemple de la Ville de Montréal qui, depuis la mise en place du Bureau de l’inspecteur général, dirigé par Me Denis Gallant,  «évalue que pour chaque dollar investi, 8$ ont été économisés en fraudes potentielles».

«Si les allégations sont vraies, on veut connaître les acteurs. Ce sera une enquête étoffée» –Jacques Duchesneau

Objectifs du BIPA
Le premier objectif est de fouiller le passé pour récupérer les sommes volées aux contribuables; le deuxième objectif est d’ausculter le présent en surveillant l’octroi des contrats afin de détecter les cas de collusion et finalement se projeter vers le futur en  sensibilisant la population.

Au cours des dernières semaines, Jacques Duchesneau a travaillé en étroite collaboration avec Me Gallant, inspecteur de la Ville de Montréal pour s’inspirer de la façon de faire.

Saint-Jérôme est la troisième ville au Canada à nommer un inspecteur général après Montréal et Laval et le maire Stéphane Maher souhaite que d’autres villes emboîtent le pas dans cette direction. Chez nos voisins américains, 254 villes embauchent un inspecteur général pour surveiller, entre autres, l’octroi des contrats.

Le maire Stéphane Maher a réagi rapidement après la sortie dans les médias du témoignage d’Érick Frigon, ancien directeur de l’ingénierie de la Ville. Celui-ci avait plaidé coupable devant son ordre professionnel d’avoir toléré un système de partage de contrats à Saint-Jérôme. «On se doutait qu’il y avait eu de la collusion, mais ce témoignage nous permettait d’aller de l’avant», précise le maire. «M. Maher est entré en contact avec moi le 16 février. Nous avons eu quatre ou cinq rencontres et j’ai décidé de venir travailler pour les Jérômiens. Je sais que les gens ont des choses à dire», a ajouté Jacques Duchesneau.

 

 

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