TC Media – Félix O.J. Fournier 300 personnes sont restées coincées toute la nuit lors de la tempête de neige des 14 et 15 mars.

Une demande de recours collectif a été déposée jeudi devant la Cour supérieure du Québec afin que les automobilistes qui ont été coincés pendant des heures sur l’autoroute 13, mardi soir, obtiennent un dédommagement.

Le recours vise le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal. Il réclame une somme de 2000$ pour chaque personne qui a été prise au piège dans sa voiture sur l’autoroute. «C’est un montant qui pourrait augmenter, a indiqué à TC Media Me Marc-Antoine Cloutier de chez Deveau avocats, qui est en charge du dossier. Évidemment s’ajoute à ça des cas particuliers, des parents avec des enfants, ceux qui ont manqué d’essence ou qui ont été absents du travail.» Le recours exige en effet que les dommages matériels subis durant cet événement soient remboursés.

Selon une chronologie des événements publiée hier par le ministère des Transports, des poids lourds se sont enlisés sur les voies rapides de l’A13 vers 21h40, ce qui a eu pour effet de bloquer la circulation.

Des centaines de personnes ont donc été prises au piège dans leur voiture pendant toute la nuit, car les secours ont tardé à intervenir. Toujours selon le ministère, les véhicules d’urgence ne sont arrivé sur place qu’à 4h29 du matin, soit près de sept heures après le début du bouchon.

C’est le cas d’Alexandre Lepage Forbes qui a déposé la demande de recours collectif. Il a été coincé à partir de 20h sur l’autoroute et est finalement arrivé à son domicile vers 6h30 le lendemain matin. Celui-ci indique dans sa requête qu’il n’a aperçu un policier de la Sûreté du Québec qu’après minuit et que celui-ci n’avait pas «d’information utile à lui transmettre». M. Lepage Forbes n’avait ni eau, ni nourriture dans son véhicule et «a souffert de maux de tête pendant la majorité de la nuit, ainsi que pendant toute la journée du 15 mars» à cause de la faim et d’une déshydratation.

Ceux-ci écrivent dans la demande de recours collectif que le gouvernement et la Ville ont commis des «fautes grossières dans la gestion du blocage routier» et ont «manqué à leurs obligations légales».

Pour Marc-Antoine Cloutier, la responsabilité d’agir de l’État est évidente dans un cas comme celui-ci. «Ce sont eux tous ensemble qui ont la responsabilité de s’assurer que les gens restent pas pris sur une autoroute pendant 10 heures. Ils ont l’obligation de déployer les mesures d’urgence nécessaires pour venir en aide aux citoyens, a-t-il soutenu. Ce que l’on constate c’est que le plan d’intervention n’a pas été mis en œuvre, ou a été mis en œuvre de manière déficiente, ce qui fait que des gens ont subi un dommage et ça appartient à l’État de les indemniser.»

Le document indique que les automobilistes pris sur l’autoroute 13 ont subi des préjudices, notamment «un froid intense dans un véhicule sans chauffage», le fait qu’«aucune eau ou nourriture n’a été apportée […] avant les petites heures du matin», ainsi que de l’inconfort, du stress et de l’anxiété.

La demande de recours doit être approuvée par un juge avant que le dossier soit entendu en cour, mais Me Cloutier est confiant la justice donnera raison aux défendeurs. «Après la déclaration du premier ministre [jeudi] qui s’excusait pour la faute commise par le gouvernement, je pense que c’est un recours qui parle de lui-même», a-t-il souligné.

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