Josie Desmarais/Métro

MONTRÉAL — Placé devant six cas récents de recours à des «briseurs de grève» dans deux entreprises, le Syndicat des métallos, en colère, demande au ministère du Travail de majorer à «au moins 10 000 $» les amendes imposées aux employeurs fautifs. Il lance même une campagne à cet effet.

Le Code du travail du Québec interdit en effet d’utiliser les services d’une personne pour remplir les fonctions d’un salarié en grève ou en lock-out. Ces dispositions avaient jadis été adoptées pour éviter la violence lors de conflits de travail et rééquilibrer le rapport de forces entre employeurs et employés.

À l’heure actuelle, les employeurs pris en défaut encourent des amendes qui peuvent atteindre 1000 $ par jour par travailleur de remplacement.

C’est trop peu, a déploré Alain Croteau, directeur québécois du Syndicat des métallos, au cours d’une entrevue à La Presse canadienne, vendredi. Il souhaiterait que ces amendes soient portées à 10 000 $ ou 15 000 $ afin d’avoir un véritable effet dissuasif sur les employeurs.

«Mille dollars, c’est du petit change pour un employeur. Il met ça dans la colonne des opérations, puis ça disparaît et, en bout de piste, ça ne paraît plus», a critiqué M. Croteau.

«Une grève, c’est une guerre entre l’employeur et les salariés. C’est le plus fort qui l’emporte. Et lui, étant donné qu’il a de l’argent, il peut se permettre de payer ces pénalités-là et de passer outre à la loi. C’est une loi qui n’est pas respectée», a soutenu le dirigeant syndical.

Il propose donc de majorer les amendes à «au moins 10 000 $» par jour et par travailleur pour que l’employeur «n’ait pas envie d’embaucher ces travailleurs de remplacement-là».

Le Syndicat des métallos, qui est affilié à la plus grande centrale syndicale du Québec, la FTQ, qui a plus de 600 000 membres, veut d’ailleurs lui soumettre sa campagne pour faire majorer les amendes, lors d’une prochaine réunion du Bureau de la FTQ.

Dans deux rapports rédigés à la suite de plaintes du Syndicat des métallos, que La Presse canadienne a pu lire, des enquêteurs du ministère du Travail ont confirmé l’emploi de travailleurs de remplacement au sein de l’entreprise de transformation de métaux Samuel, fils et Cie, à Laval, de même que Zinc électrolytique à Salaberry-de-Valleyfield.

«Après visite des lieux, analyse des faits, ainsi que des informations obtenues lors de l’enquête, les soussignés concluent au non-respect de l’article 109.1» du Code du travail, écrivent les enquêteurs du ministère du Travail, qui citent les noms de trois personnes chez Samuel, fils et Cie, et de trois autres personnes chez Zinc électrolytique.

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