Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Ahmed Hussen

OTTAWA — Le gouvernement libéral fédéral n’a pas encore déterminé si les répercussions des décrets du président américain Donald Trump sur l’immigration entraîneront des dépenses plus importantes pour le Canada.

Le ministre fédéral de l’Immigration et d’autres responsables de l’immigration ont affirmé à un comité de la Chambre des communes qu’il n’y avait pas pour l’instant de nouvelles sommes prévues.

Les responsables au ministère ont soutenu en savoir encore trop peu sur les décrets de M. Trump pour déterminer ce que ces mesures pourraient coûter au Canada et de quelle manière ils auraient un impact sur le pays.

Néanmoins, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié dit depuis des mois qu’un bond dans le nombre de demandeurs d’asile pèse déjà sur ses ressources et affirme qu’elle a besoin d’un financement accru.

Des responsables à la Commission avaient espéré obtenir une réponse dans le budget fédéral de mercredi, mais le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, n’a pas voulu s’engager, lundi, à accorder plus d’argent.

M. Hussen a affirmé que le fait que les demandes d’asile ont augmenté à la Commission depuis 2015 démontre que la situation ne peut pas être simplement associée à la présidence Trump.

La Commission a reçu environ 4,5 millions $ pour gérer une augmentation inattendue des demandes de citoyens mexicains à la suite d’une décision du gouvernement fédéral d’éliminer l’obligation de visas pour les Mexicains en décembre dernier.

Le nombre de demandeurs mexicains est supérieur à celui de la même période l’an dernier — 241 Mexicains avaient fait une demande d’asile durant toute l’année 2016, alors que 156 Mexicains ont déjà fait de même depuis le début de 2017.

Plusieurs intervenants redoutent que le décret du président américain restreignant l’immigration en provenance de certains pays, interrompant le processus d’accueil des réfugiés et accélérant les expulsions fasse grimper le nombre de personnes demandant l’asile au Canada.

M. Hussen et des responsables au ministère ont été pressés de questions, lundi. La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’immigration, Jenny Kwan, a demandé si des sommes avaient été prévues pour gérer les impacts potentiels.

Les informations sont encore préliminaires sur ces décrets et les sommes demandées actuellement par le Parlement concernent des besoins déjà identifiés, a dit Daniel Mills, sous-ministre adjoint au ministère de l’Immigration.

M. Hussen a tenté de démontrer au comité que l’augmentation des demandes ne pouvait pas être attribuée à un supposé effet Trump.

Parmi les 143 personnes ayant traversé la frontière illégalement au Manitoba pour faire une demande d’asile en 2017, seulement environ 50 détenaient un visa américain, et 97 pour cent se trouvaient aux États-Unis depuis moins de deux mois et n’y avaient pas déposé une demande, a soutenu le ministre.

«Cela remet en contexte les affirmations selon lesquelles cela résulte (des décisions) de l’administration américaine», a affirmé le ministre.

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