Manish Swarup Manish Swarup / The Associated Press

OTTAWA — Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a dit espérer que le gouvernement indien en fasse davantage pour obtenir justice pour les milliers de sikhs ayant été tués dans des émeutes violentes survenues il y a plus de 30 ans.

M. Sajjan a tenu ces propos, mercredi, au cours d’une visite constituant en quelque sorte un retour aux sources pour lui, étant né et ayant vécu les cinq premières années de sa vie en Inde avant que sa famille ne s’établisse au Canada.

Le voyage du ministre a été en partie l’occasion pour celui-ci de renouer avec l’histoire de sa famille, mais il vise aussi à établir des relations plus étroites entre les deux pays.

Parlant par téléphone depuis la ville d’Amritsar, qui abrite l’un des principaux lieux saints sikhs, M. Sajjan a affirmé que des discussions étaient en cours sur un accord qui faciliterait les liens entre les forces militaires des deux pays.

Le ministre a affirmé que les relations en termes de défense avaient été bonnes par le passé, mais qu’il souhaitait les faire progresser.

M. Sajjan, l’un des quatre sikhs au sein du cabinet du premier ministre Justin Trudeau, a indiqué que les émeutes et les assassinats ayant eu lieu en Inde en 1984 avaient aussi été à l’avant-plan dans ses rencontres avec des responsables indiens.

Ces violences avaient suivi l’assassinat de la première ministre indienne Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs, après qu’elle eut ordonné une attaque militaire contre le Temple d’Or à Amritsar pour chasser les nationalistes sikhs. Il y aurait eu de 3000 à 8000 morts durant les émeutes.

Plusieurs commissions et enquêtes ont été organisées, mais des groupes de défense des droits de la personne et des groupes sikhs affirment que les principaux responsables — incluant des membres du gouvernement à l’époque — n’ont pas été inquiétés.

M. Sajjan a affirmé qu’il y avait un certain sentiment au Canada que le gouvernement indien n’a pas agi suffisamment pour obtenir justice pour les victimes, et a ajouté qu’il «croyait personnellement que les Canadiens ont des raisons de se sentir concernés».

«Ils m’ont rappelé que le premier ministre (Narendra) Modhi est sorti publiquement pour s’attarder à cette question», a-t-il indiqué, en faisant référence aux responsables indiens rencontrés.

«J’apprécie leurs efforts et je m’attends à ce qu’ils en fassent encore plus», a dit le ministre.

Bien que M. Modi ait établi une équipe spéciale il y a deux ans pour enquêter sur les meurtres, notamment sur l’implication possible de hauts responsables gouvernementaux, il a mis un terme le mois dernier à 199 dossiers sur les 293 en cours.

La Cour suprême de l’Inde est intervenue et a indiqué qu’elle réexaminerait les 199 dossiers.

De leur côté, les responsables indiens ont semblé indisposés par une récente motion présentée par un député libéral provincial de l’Ontario qui qualifiait ces émeutes de génocide.

La motion a été adoptée le 6 avril par 34 voix contre 5, dans l’assemblée provinciale de 108 députés.

«Les Canadiens ont le droit à la liberté d’expression», a dit M. Sajjan, concernant la réponse qu’il a donnée à l’insatisfaction du gouvernement indien.

«Mais nous avons aussi eu à leur rappeler (…) que le Parti libéral de l’Ontario n’est pas le Parti libéral fédéral du Canada», a-t-il ajouté.

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