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MONTRÉAL — Il faudra se faire à l’idée de voir le président américain Donald Trump et d’autres membres de son administration y aller de déclarations virulentes à l’endroit du Canada, estime le conseiller spécial du gouvernement québécois dans le dossier de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), Raymond Bachand.

À son avis, il ne s’agit que d’un «jeu de négociations» étant donné que les discussions entre les deux pays à propos de l’accord commercial n’ont pas encore débuté.

«Il faut s’habituer à voir un certain nombre d’élus américains y aller de déclarations qui peuvent surprendre parce qu’ils font de la politique et qu’ils ne sont pas nécessairement à la table de négociations», a expliqué M. Bachand, vendredi, en marge de l’assemblée annuelle de la Banque Nationale, où il était présent en tant que membre du conseil d’administration.

Au cours d’un entretien avec La Presse canadienne, l’ex-ministre québécois des Finances a rappelé que le Congrès n’avait pas encore officiellement nommé le négociateur en chef dans ce dossier et que l’avis formel qui doit lancer le processus de 90 jours avant le début des négociations n’avait toujours pas été déposé.

«Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un long processus», a souligné M. Bachand, également conseiller stratégique au sein du cabinet Norton Rose Fulbright.

Le ton du président Trump à l’endroit du Canada a considérablement changé au cours de la semaine dans le cadre de deux sorties distinctes.

Mardi, dans l’État du Wisconsin, le président américain a d’abord critiqué l’industrie laitière canadienne, puis, jeudi, dans son attaque la plus virulente jusqu’ici, il a accusé le Canada de profiter des États-Unis dans le domaine des produits laitiers, du bois d’oeuvre et de l’énergie.

«Cela fait partie du jeu des négociations, a dit M. Bachand. Le Wisconsin est un État pivot pour les républicains. Du moment où l’on décide de rouvrir un accord commercial, les lobbys s’activent.»

Qualifiant les Américains de «bons négociateurs», le conseiller spécial du gouvernement québécois a estimé que ces sorties n’étaient qu’une stratégie dans le but de faire monter la pression sur le Canada avant le début des négociations.

Globalement, M. Bachand a estimé que l’accord commercial entré en vigueur en 1994 méritait d’être modernisé, ajoutant qu’il était possible de le faire tout en améliorant la relation commerciale entre le Canada et son voisin.

«Par exemple, dans le Partenariat transpacifique, même s’il n’est pas en vigueur, on a prévu des chapitres sur le commerce électronique. Cela n’existait pas dans l’ALNÉA. Il en va de même en ce qui a trait à la mobilité de la main-d’oeuvre», a-t-il dit.

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