La Presse canadienne Stephen Poloz

OTTAWA — Le gouverneur de la Banque du Canada affirme qu’une augmentation à large échelle des tarifs douaniers américains en viendrait après environ cinq ans à réduire la production aux États-Unis — que des représailles soient exercées ou non par d’autres pays.

Dans un discours livré à Mexico, jeudi, Stephen Poloz a déclaré que les tentatives d’autres pays dans l’histoire pour protéger leurs industries et leurs travailleurs de la concurrence étrangère ont été contreproductives.

Les entreprises canadiennes et mexicaines font face à une grande incertitude alors que les membres de l’administration de Donald Trump discutent de nouvelles politiques protectionnistes, incluant des droits compensatoires.

M. Poloz a fait valoir qu’au bout du compte, «tout le monde perd avec le protectionnisme, y compris le pays imposant ces mesures». Il a ajouté que l’incertitude entourant la menace d’une montée du protectionnisme freine la croissance.

Le gouverneur a affirmé que cette incertitude représentait sans nul doute un «enjeu de taille» pour le Canada et le Mexique.

M. Poloz a dit croire que cela augmentait les risques pour les entreprises d’un accroissement du coût du capital et d’une restriction de l’investissement.

Le gouverneur a aussi souligné des risques additionnels pour les entreprises canadiennes dans l’éventualité de baisses des taux d’imposition des sociétés aux États-Unis et de retards dans la mise en œuvre de politiques expansionnistes américaines.

Le Canada et le Mexique se préparent à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec les États-Unis, dans un processus qui devrait s’amorcer plus tard cette année.

M. Poloz invite les législateurs au Canada et au Mexique, de même que les leaders d’affaires, à rappeler au principal partenaire commercial des deux pays l’importance du libre-échange pour le continent dans son ensemble.

M. Poloz a souligné l’apport du secteur automobile nord-américain, disant qu’il a créé des dizaines de milliers d’emplois dans chacun des trois pays.

«Il est difficile d’imaginer comment le fait d’entraver le commerce ou de mettre en œuvre d’autres politiques protectionnistes pourrait profiter à ces personnes et à leur famille», a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada devant la Chambre de commerce du Canada au Mexique et le Club de Industriales.

«Il serait intéressant d’entendre de nombreux autres exemples venant de différentes branches d’activité», a-t-il ajouté.

M. Poloz a fait valoir le rôle clé des États-Unis comme partenaire commercial. Il a souligné que «si les États-Unis ne faisaient plus partie de la donne, le Canada aurait un libre accès à six pour cent à peine de l’économie mondiale». Le gouverneur a toutefois ajouté que la ratification prochaine de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne élargira l’accès du pays aux marchés à l’extérieur des États-Unis.

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