Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les négociations pourraient reprendre jeudi, malgré le déclenchement de la grève dans l’industrie de la construction, mercredi matin à 5h.

L’Alliance syndicale a fait savoir, mercredi après-midi, qu’elle réunira d’abord ses constituantes pour faire le point au cours des prochaines heures, mais affirmait qu’elle serait «prête à négocier très bientôt». Du côté patronal, on assurait qu’on était prêt à poursuivre les discussions.

La ministre du Travail, Dominique Vien, avait convoqué d’urgence les parties patronales et syndicales, quelques heures après le déclenchement de la grève générale illimitée.

À l’issue de la rencontre, en milieu d’après-midi, elle s’est faite plus pressante encore. «J’attends un calendrier de négociation des parties. Je les sens capables de se rasseoir et de discuter à nouveau», avait-elle lancé, affirmant que certains sous-secteurs étaient même près d’une entente.

La grève touche 175 000 ouvriers, soit tous les secteurs: résidentiel, génie civil et voirie, institutionnel, commercial et industriel.

Avant même que la grève débute, le gouvernement Couillard avait déjà fait planer une menace de loi spéciale pour forcer le retour au travail. Il avait justifié sa future intervention par le fait qu’une grève dans l’industrie engendre des pertes de 45 millions $ par jour.

En mission en Israël, le premier ministre Philippe Couillard s’était également fait insistant, évoquant une éventuelle loi spéciale. «Il faut absolument que j’envoie ce signal-là très tôt, parce que c’est l’économie du Québec qui est en jeu, c’est l’intérêt supérieur du Québec qui est en jeu.»

Il a laissé entendre que le gouvernement «ne laissera pas la grève durer très longtemps».

La négociation pourrait donc reprendre dès jeudi, mais, du côté syndical, les rassemblements et manifestations prévus dès 6h du matin, jeudi, étaient toujours au menu. Pas question, donc, de suspendre la grève en attendant.

Le porte-parole de l’Alliance syndicale, Michel Trépanier, a invité les parties patronales à «arrimer» leurs positions pour uniformiser les conditions de travail dans les différents secteurs.

«On ne refuse pas la demande de la ministre», de se rasseoir et de négocier, a-t-il assuré. «On va être prêt à négocier très bientôt pour en arriver à une entente négociée», a-t-il indiqué. «On va se réunir et mettre un calendrier en place. On va se parler en Alliance, en caucus.»

En entrevue, l’un des représentants patronaux, Éric Côté, de l’Association de la construction du Québec, a dit avoir senti de la bonne volonté de toutes parts au cours de cette rencontre avec la ministre Vien. «J’ai bon espoir que les discussions vont reprendre au plus tard demain (jeudi)», a-t-il confié.

Il voit une éventuelle loi spéciale comme «un risque», puisqu’«on ne connaît pas le contenu» et que du côté gouvernemental, on laisse entendre qu’elle comporterait «des éléments qui ne feraient pas plaisir» aux parties.

Le secteur qui serait plus avancé que les autres serait le résidentiel. Des progrès auraient également été faits dans le génie civil et la voirie.

Litige

Les principaux points en litige varient selon le sous-secteur de l’industrie: les salaires, les horaires, les heures supplémentaires, la mobilité de la main-d’oeuvre, la conciliation travail-famille.

Les syndicats ont fait une grande campagne sur la volonté de plusieurs employeurs de pouvoir reprendre le travail qu’ils n’ont pu faire à cause du mauvais temps en payant les ouvriers à taux simple le samedi. Ces entrepreneurs présentaient ces demandes comme une nécessaire «flexibilité» de la main-d’oeuvre.

Mais M. Côté répète que son association a laissé tomber ces demandes qui irritaient particulièrement l’Alliance syndicale, dans la nuit de mardi à mercredi. «On a fait un geste de rapprochement» avec l’Alliance syndicale, a noté le porte-parole de l’ACQ.

L’Alliance syndicale regroupe les cinq organisations syndicales de la construction, à savoir la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

Face à elle se trouvent quatre associations patronales: l’Association des entrepreneurs en construction, qui négocie les clauses communes à l’ensemble; l’Association de la construction du Québec, qui négocie pour les secteurs institutionnel, commercial et industriel; l’Association des constructeurs de routes et grands travaux, qui négocie pour le secteur du génie civil et de la voirie; et l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, qui négocie pour le secteur résidentiel.

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