La Presse Canadienne La ministre Catherine McKenna.

CALGARY — L’industrie canadienne du pétrole et du gaz devra s’assurer que ses équipements sont bien étanches et en bon état, et devra mesurer régulièrement ses émissions de gaz à effet de serre, en vertu d’un nouveau règlement proposé par Ottawa pour réduire les émissions de méthane au pays.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a dévoilé jeudi les détails de ce projet de règlement, dont la mise en oeuvre avait été reportée lorsque le président américain, Donald Trump, a signé son décret-loi qui mettait un frein à la volonté de Washington de réduire, de concert avec le Canada, les émissions de méthane.

En mars 2016, lors de sa visite officielle à Washington, le premier ministre Justin Trudeau avait conclu avec le président Barack Obama une entente qui prévoyait que les deux pays réduiraient, d’ici 2025, les émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier de 40 à 45 pour cent par rapport au niveau de 2012.

Les nouvelles règles proposées par Ottawa, qui seraient mises en oeuvre progressivement entre 2020 et 2023, visent à réduire les émissions de méthane d’environ 20 mégatonnes par année — soit l’équivalent, selon le gouvernement, de retirer de la circulation cinq millions de voitures.

Ottawa estime que cette nouvelle réglementation coûtera à l’industrie 3,3 milliards $ entre 2018 et 2035 — mais que l’inaction coûterait quatre fois plus cher en matière de changements climatiques. Le gouvernement estime qu’entre 2018 et 2035, l’industrie devra dépenser «moins de trois cents par mille pieds cubes de gaz naturel pour se conformer au nouveau règlement».

Mme McKenna a soutenu jeudi que ces nouvelles mesures devraient être finalisées l’année prochaine. En attendant, les provinces, l’industrie et les citoyens intéressés peuvent commenter le projet de règlement d’ici le 27 juillet.

Le méthane, principal constituant du gaz naturel, joue un rôle beaucoup plus important que le gaz carbonique dans le réchauffement de l’atmosphère, rappelle le gouvernement. Or, le secteur canadien du pétrole et du gaz est le principal émetteur de méthane, qui est aussi une source de composés organiques volatils, polluants atmosphériques dont certains sont toxiques pour la santé humaine et contribuent à la formation de smog.

«Actuellement, chaque année, du gaz naturel d’une valeur supérieure à 1,5 milliard $ est gaspillé en raison de fuites», indique la ministre McKenna dans un communiqué. «En repérant mieux les fuites et en les colmatant, les entreprises seront en mesure de récupérer ce gaz naturel et de le vendre; elles participeront ainsi à la lutte contre les changements climatiques.»

La ministre a précisé que les provinces et territoires pourront élaborer leurs propres réglementations, pourvu qu’elles obtiennent des résultats comparables. «Le Canada demeure déterminé à travailler avec les provinces pour établir des accords d’équivalence afin de limiter le dédoublement», lit-on dans le communiqué.

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