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L’Observatoire des tout-petits (OTP) a publié le 31 mai une étude qui indique que les cas de maltraitance chez les très jeunes enfants ont augmenté au Québec. Les services de protection de la jeunesse rapportent une hausse de 27 %, en moins de 10 ans, des signalements de cas sur des enfants de 5 ans et moins.

De 2015-2016, 7 700 signalements ont été jugés fondés chez les tout-petits de 5 ans ou moins par les directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ), c’est-à-dire environ 20 nouvelles situations de maltraitance chaque jour.

La professeure Marie-Ève Clément de l’Université du Québec en Outaouais, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants (CRVE), a contribué à l’étude sur la maltraitance des enfants au Québec. Mme Clément et son équipe du Département de psychoéducation et de psychologie au campus de Saint-Jérôme ont travaillé sur le document d’analyse scientifique qui forme la base de l’étude publiée par l’Observatoire des tout-petits.

«Il s’agit de la première analyse du genre au Québec sur la situation des tout-petits, a souligné Marie-Ève Clément. Les données des services de protection de la jeunesse sont préoccupantes. Sachant l’importance des impacts négatifs que la maltraitance peut avoir, surtout chez la population des jeunes enfants les plus vulnérables en raison de leur âge, ces données soulignent l’importance de se mobiliser collectivement pour aider les familles. Le rapport de l’Observatoire propose des pistes de solutions à cet effet.»

Les impacts sur le développement à long terme sont très variés. Ils vont de l’anxiété, à l’agressivité, au décrochage scolaire en passant par une faible estime de soi, la toxicomanie et même la reproduction du cycle de la violence.

Solutions collectives
Le dossier de l’Observatoire démontre toutefois qu’il existe des solutions collectives afin de prévenir la maltraitance à l’égard des tout-petits du Québec. Le renforcement du soutien économique aux familles est l’une des solutions énumérées par l’Observatoire. La promotion des pratiques parentales positives, outiller les intervenants dans l’accompagnement des parents dans l’exercice de leur rôle, offrir des services de garde éducatifs à l’enfance ainsi que des programmes d’éducation préscolaire de qualité en plus de l’amélioration de l’environnement physique dans lequel grandissent les enfants sont quelques-unes des solutions possibles permettant d’agir collectivement pour prévenir la maltraitance.

«Il sera important de suivre la situation des tout-petits dans les années à venir et des solutions mises en place pour aider les familles. Ces solutions interpellent tant les ministres, les gestionnaires, les intervenants que les citoyens eux-mêmes», a expliqué la professeure Clément.

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