Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

OTTAWA — La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, brillait par son absence à la réunion extraordinaire du caucus de son parti mercredi soir tout comme son chef parlementaire, Xavier Barsalou-Duval et le député Mario Beaulieu.

«Pour le moment, la confiance est rompue, a affirmé le président du caucus, Louis Plamondon, avant d’entrer dans la salle. Elle devra regagner notre confiance pour qu’on puisse continuer à travailler avec elle.»

Une entrevue radio accordée par Martine Ouellet durant la journée sur la révolte de sept députés de son caucus semble avoir jeté de l’huile sur le feu.

Les sept députés ont été «choqués» par les propos de leur chef et ont été déçus par sa décision «de ne pas venir ce soir et de préférer faire une entrevue au 98,5», a dit Louis Plamondon.

Dans cette entrevue, Martine Ouellet a soutenu être victime de fuites médiatiques répétées depuis qu’elle a pris la direction du Bloc québécois.

«Il y a une espèce de petite mutinerie je pense qu’il faut qui s’arrête à l’intérieur du caucus et du personnel de l’ancienne gang, a-t-elle dit. C’est pas la première fois, Mario Beaulieu a vécu la même chose.»

«Je pense que ce genre de petite « guéguerre d’égo », une fois que la démocratie a parlé, qu’il y a eu une course à la chefferie, ça suffit.»

Louis Plamondon estime que Martine Ouellet aurait plutôt dû offrir ses excuses au député Rhéal Fortin.

Quelques heures auparavant, les sept députés bloquistes avaient fait une sortie médiatique pour exiger des explications de Martine Ouellet sur les raisons qui auraient poussé son chef de cabinet, Louis-Philippe Dubois, à laisser filtrer des informations dans les médias pour salir la réputation du député Rhéal Fortin.

Il s’agit de Gabriel Ste-Marie, Michel Boudrias, Monique Pauzé, Simon Marcil – qui avaient tous appuyé Martine Ouellet lors de la course à la direction – Rhéal Fortin, Louis Plamondon et Luc Thériault.

«Là, on comprend que Louis-Philippe Dubois, le chef de cabinet de la chef, travaillait davantage contre les députés du Bloc que pour le Bloc, avait lancé le leader parlementaire Gabriel Ste-Marie.

«Notre lien de confiance avec Martine est affecté et ça va prendre bien du travail pour le rétablir», avait-il ajouté.

Le HuffPost Québec avait révélé plus tôt dans la journée que Louis-Philippe Dubois aurait laissé filtrer dans les médias des informations sur Rhéal Fortin et le bureau d’avocats où il a déjà travaillé. Ce bureau aurait obtenu de lucratifs contrats sans appel d’offres de l’ancienne administration du maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon.

Quelques heures plus tard, Martine Ouellet annonçait qu’elle avait démis son chef de cabinet de ses fonctions parce qu’il n’avait «plus le lien de confiance avec l’ensemble de l’aile parlementaire nécessaire à la réalisation de son travail.»

Cette tentative pour ternir la réputation de Rhéal Fortin, qui a été chef intérimaire du parti, a d’autant plus ébranlé le caucus du Bloc québécois qu’il s’agit d’un député respecté qui cherche toujours le consensus, ont révélé des proches du parti sous le couvert de l’anonymat.

Le caucus extraordinaire qui s’est déroulé mercredi soir à Ottawa avait été convoqué par Louis Plamondon pour que tous puissent s’expliquer. Or, Martine Ouellet, qui a pris l’avion de Québec pour pouvoir y assister, avait envoyé un avis aux médias en fin de journée indiquant que la réunion était reportée à jeudi matin.

«C’est elle qui va apporter la solution, c’est elle qui est chef, a dit Louis Plamondon à la sortie du caucus. Pour nous, on a une belle unité. On sait où on s’en va.»

Il a rejeté l’idée que les sept députés s’apprêtent à montrer la porte à leur chef.

Les tensions sont vives au sein du Bloc québécois depuis l’élection par acclamation de Martine Ouellet à la tête du parti. Visiblement, l’appel à l’unité de l’ensemble du caucus lancé mercredi après-midi par le chef parlementaire Xavier Barsalou-Duval et le député Mario Beaulieu n’a pas été entendu.

«Il y a des explications qui vont devoir se donner de part et d’autre et j’espère qu’après ça, tout le monde va ressortir uni», avait dit Xavier Barsalou-Duval à la sortie de la période des questions.

«Je réitère mon entière confiance en Martine Ouellet, avait affirmé Mario Beaulieu. Du « coulage », il y en a dans tous les partis. Il y en a eu de part et d’autre et je pense qu’il faut que ça arrête.»

«Il faut que le parti passe avant les ego, avait-il continué. À un moment donné, il faut se rassembler et c’est ce qu’on va faire.»

Tous les députés du caucus du Bloc québécois doivent être présents à la réunion de jeudi, incluant Marilène Gill qui était à New York mercredi pour assister à une conférence de l’ONU.

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