Chantal Lévesque/Métro Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique.

QUÉBEC — Les familles d’accueil sont déçues des amendements déposés vendredi par la ministre Lucie Charlebois à son projet de loi 99, qui vient modifier la Loi sur la protection de la jeunesse.

Elles voulaient être davantage considérées, que leur opinion compte, ayant insisté auprès de la ministre Charlebois pour être considérées partie prenante, sur le plan judiciaire, dans tous les cas de placements d’enfants ou de révision de placement d’enfants, mais ce ne sera pas le cas.

Selon la fédération qui les représente, le fait d’être reconnues comme partie prenante dans la loi aurait pourtant contribué à assurer plus de stabilité aux enfants placés dans ce type de ressources.

La ministre Charlebois a prévu plutôt «favoriser la participation» des familles d’accueil au processus judiciaire, sans plus. Mais elle estime être allée aussi loin qu’elle pouvait, étant donné que les familles d’accueil ne sont pas les parents des enfants qu’elles hébergent.

«Malheureusement pour les jeunes, la ministre n’a écouté que d’une oreille. Les familles d’accueil ont été reconnues dans une certaine mesure avec l’inclusion de ces amendements, mais celles-ci ne sont toujours pas reconnues comme une partie prenante au dossier», a déploré par voie de communiqué la présidente de la Fédération des familles d’accueil et ressources intermédiaires du Québec, Geneviève Rioux.

En point de presse, la ministre Charlebois a cherché à se faire rassurante sur le rôle qu’elles auraient à jouer. Elle a dit vouloir s’assurer que les familles d’accueil «vont pouvoir participer au processus quand un juge convoque l’environnement de l’enfant pour parler du cas d’un enfant, les familles d’accueil vont être invitées à être là et à entendre ce qui se dit».

Elle a dit avoir pris pour exemple l’Ontario dans la préparation des amendements à ce chapitre.

De plus, les familles d’accueil «vont être avisées quand il y aura quelque chose qui concerne les enfants qui vont aller à la cour», a fait valoir la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse.

Elle a dit également sa préoccupation pour trouver le moyen, par règlement ou autrement, d’«insister fortement» pour que «les intervenants consultent les familles d’accueil avant de déplacer (des enfants) d’une famille d’accueil à une autre».

Les familles d’accueil voulaient bien davantage, être officiellement partie prenante, mais elles «ne peuvent pas être les parents, elles sont les familles d’accueil», a-t-elle rappelé, estimant être allée «aussi loin qu’on pouvait aller pour leur donner le droit d’entendre ce qui se dit à la cour et d’intervenir au besoin».

Le projet de loi 99 avait été déposé en juin 2016.

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