YouTube Image tirée de la vidéo sur laquelle on voit les policiers frapper Alexis Vadeboncoeur

MONTRÉAL — Trois des quatre policiers accusés pour l’arrestation musclée d’Alexis Vadeboncoeur ont été acquittés, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières. Le quatrième, Kaven Deslauriers, a été condamné sur un seul chef d’accusation, soit pour voies de fait simples sur le jeune homme.

La Couronne avait déposé des accusations contre les quatre policiers de la ville de Trois-Rivières en raison de la façon dont ils avaient procédé à l’arrestation de l’auteur d’un vol armé dans une pharmacie, et aussi pour la rédaction de leur rapport par la suite.

On leur reprochait d’y avoir inscrit un élément mensonger — soit d’avoir ajouté un passage sur la résistance apportée par le jeune homme lors de son arrestation — afin de tromper le Directeur des poursuites criminelles et pénales, car ils craignaient des accusations criminelles.

Une vidéo de l’arrestation du jeune homme avait grandement circulé, tout comme des photographies des blessures à son visage après l’intervention policière. Sur la vidéo, on voyait les policiers le frapper de coups de pied et de coups de poing à de multiples reprises.

Les policiers soutenaient n’avoir utilisé que la force nécessaire pour l’arrêter, et que les rapports d’intervention ne contenaient pas de fausses informations.

Le 2 février 2013, Alexis Vadeboncoeur, alors âgé de 19 ans, était entré dans une pharmacie cagoulé et avait braqué une arme à feu — qui s’est ensuite avérée être fausse — sur le pharmacien et son assistante afin d’obtenir des narcotiques et l’argent de la caisse.

L’arrestation a eu lieu alors que le jeune homme était en fuite à pied.

Selon le récit des événements faits par le juge Steve Magnan de la Cour du Québec, le jeune homme a refusé d’obtempérer aux ordres criés par les policiers à plusieurs reprises: il refuse de s’arrêter, de s’identifier, de jeter son arme et de se mettre dans les positions requises par les agents.

Lorsqu’il jette finalement son arme par terre, elle demeure à portée de main. Quand il se met à terre, il croise ses bras sous lui, ce qui fait craindre aux policiers qu’il a peut-être une deuxième arme.

Il a ensuite plaidé coupable aux infractions liées aux événements de cette soirée de février 2013, notamment d’entrave au travail des policiers.

Dans son jugement sur les accusations portées contre les policiers, le juge Magnan considère toutefois qu’«Alexis Vadeboncoeur a échoué au test de la crédibilité». Il le qualifie de «manipulateur et de calculateur» et écarte donc son témoignage.

Quant aux accusations portées contre les policiers, il estime que la Couronne n’a pas démontré que les rapports contenaient de fausses informations.

En ce qui concerne les chefs de voies de fait, trois des quatre policiers — Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Marc-André St-Amant — sont blanchis par le magistrat, la force et les techniques utilisées par eux étant justifiées, selon le juge.

Mais ce n’est pas le cas de Kaven Deslauriers.

Le juge Magnan écrit que le témoignage de l’agent Deslauriers n’est ni crédible ni fiable. Il frappe sans retenue, écrit le magistrat, qui conclut que ses coups sont superflus compte tenu du travail de ses collègues et que la force utilisée est excessive.

Le juge relève notamment que le policier a témoigné s’être penché pour saisir le coude de l’homme et le menotter, mais que la vidéo montre qu’il le frappe sans se soucier du bras.

«Les coups ne sont pas portés dans l’objectif précis de menotter Vadeboncoeur. Ils le sont dans le but de lui occasionner une douleur», peut-on lire dans la décision.

La procureure de la Couronne a indiqué qu’elle va analyser le jugement.

«On verra si les possibilités d’appel sont là ou pas», a indiqué Me Aryanne Guérin lundi en sortant de la salle de Cour.

Même chose du côté de l’Association des policiers-pompiers de la Ville de Trois-Rivières.

«Nous analyserons toutes nos possibilités au cours des prochains jours. Il est néanmoins certain que l’on croyait fermement à l’innocence de nos quatre collègues», a soutenu dans un communiqué le président de l’Association Louis Lesage.

M. Deslauriers doit retourner en cour vendredi pour les représentations sur sa peine.

Alexis Vadeboncoeur a aussi intenté une poursuite au civil contre les quatre policiers et la Ville de Trois-Rivières pour 2 300 000 $. La ville a conclu une entente à l’amiable en 2014 pour éviter la suite des procédures et a déboursé 25 000 $. Le dossier se poursuit contre les quatre policiers.

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